Interview d’Anaël Lardy

(basketball)

A 22 ans, Anaël Lardy fait partie de la nouvelle génération du basket féminin français. Championne d’Europe avec l’équipe de France en 2009, elle est actuellement en pleine préparation pour le Championnat du monde qui commencera dans un mois. Avec en ligne de mire un rêve : participer aux Jeux Olympiques de Londres, en 2012.

Anaël, avant d’intégrer l’équipe de France senior, vous aviez été sélectionnée successivement en équipe de France cadette, junior et espoir, avec à la clé plusieurs podiums en compétitions internationales. Est-ce une fierté particulière d’avoir fait partie de toutes les équipes de France ?

« Bien sûr que c’est une fierté, parce que je représente mon pays depuis toute petite. Je pense que c’est le rêve de toute basketteuse qui envisage le professionnalisme ! De plus, j’ai eu la chance d’avoir fait des podiums et c’est encore une plus grande fierté. Ca fait toujours plaisir de réussir après tout le temps qu’on passe dans les entraînements. »

En 2009, vous êtes devenue championne d’Europe avec l’équipe de France. Racontez-vous un peu comment vous avez vécu cette aventure de l’intérieur ?

« Pour moi, ça a été l’aventure idéale. Je ne m’y attendais pas du tout. Du premier au dernier stage, j’étais dans les sélections et c’est vrai qu’à chaque fois qu’on entend son nom pour continuer l’aventure, c’est toujours un grand plaisir. Après, pendant le Championnat d’Europe, ça a été le rêve parce qu’on a gagné tous nos matchs et que ça s’est très bien passé entre les filles. C’était vraiment la compétition parfaite et je pense que pour une première sélection, on ne peut pas rêver mieux ! Je l’ai donc vraiment bien vécu et ça a été une magnifique aventure. »

Qu’est-ce que ce titre a changé pour vous sur et en dehors des parquets ?

« Cela n’a pas changé grand chose. Concernant le terrain, c’est le passé et on remet rapidement en question notre travail. Le titre, c’était en 2009, maintenant on est en 2010 et il y a tout à refaire. Je pense qu’il faut toujours prouver et que rien n’est jamais acquis.

En dehors, c’est vrai que les gens me félicitent peut-être un petit peu plus, mais je continue à vivre normalement. Un titre en plus, c’est une fierté, mais ça n’a rien changé de particulier ! »

En équipe de France, vous évoluez au même poste que Céline Dumerc, la meneuse emblématique de la sélection. Considérez-vous cela comme un frein ou au contraire comme une opportunité ?

« Je pense que c’est une très grande chance de pouvoir évoluer à ses côtés. Malgré le fait que je sois avec elle aux entraînements, je suis une de ses plus grandes fans. C’est vraiment une chance de pouvoir la côtoyer et de pouvoir s’entraîner avec elle parce que c’est une joueuse exceptionnelle ! A travers elle, j’espère avancer et je pense que j’apprends beaucoup à ses côtés. »

Avez-vous beaucoup de contacts avec vos homologues de l’équipe de France masculine ? Les rencontrez-vous souvent, échangez-vous avec eux ?

« Pas du tout… On n’échange pas beaucoup avec eux. Ce sont vraiment deux mondes totalement différents. On a regardé leur match contre les Etats-Unis dimanche soir, mais on n’a pas forcément de contacts directs. On les suit par Internet ou par la télé, mais c’est vraiment distant ! »

Depuis l’année dernière, vous évoluez dans le club de Bourges. A titre personnel et collectif, êtes-vous satisfaite de cette première saison ?

« A titre personnel, non, pas forcément. Ca a été une année d’apprentissage où j’ai dû ingurgiter une grosse charge de travail, alors que je n’avais pas l’habitude. J’ai dû m’habituer au niveau de l’Euroleague et c’est vrai que ce ne sont pas des choses faciles à faire. Je pense que j’aurais pu mieux faire et j’espère mieux faire la saison prochaine parce que je suis capable d’apporter plus.

A titre collectif, oui, je suis très satisfaite. On a eu des débuts très difficiles et je trouve qu’on a démontré beaucoup de choses aussi bien collectivement que dans l’état d’esprit. A la fin, on est dans les deux finales et on en remporte une (la Coupe de France, ndlr)… Si on avait dit ça en début de saison, il n’y en aurait pas eu beaucoup qui auraient misé là-dessus ! A la sortie, je pense donc qu’on peut être satisfaites de tout le travail qu’on a produit pendant l’année pour en arriver là. »

Vous êtes actuellement en pleine préparation pour les Championnats du monde qui commenceront fin septembre en République Tchèque. N’est-ce-pas difficile de s’entraîner tous les jours au sein du groupe, sachant que toutes les joueuses ne vont pas être sélectionnées pour la compétition ? Comment gérez-vous cela ?

« On le gère bien parce que de toute façon, on sait que ça fait partie du jeu. On vient là, on est au service de l’équipe de France et on représente notre pays, même si on ne va pas jusqu’au bout. Après, tout dépend de nos prestations, des choix du coach… On s’attend toujours au pire comme au meilleur et on est préparées à ça.

Personnellement, c’est toujours une grande fierté d’être présélectionnée et c’est avec un grand plaisir que je viens en stage. Après, peu importe le résultat… C’est sûr que je serais ravie d’aller jusqu’au bout, mais si jamais ce n’est pas le cas, je suivrai quand même mes coéquipières.

Voilà, ça se gère et on sait que ça peut arriver à tout le monde ! »

Quels objectifs vous-êtes vous fixé avec l’équipe de France, et quels sont vos objectifs personnels dans cette compétition si vous êtes sélectionnée ?

« A titre personnel, mon objectif, c’est déjà d’être dans l’équipe. J’aimerais vraiment avoir la chance de participer à ce Mondial et faire partie de ce groupe. J’ai vécu une belle aventure l’année dernière et j’espère que ça va se reproduire cette année !

Après, on sait que les Championnats du monde sont qualificatifs pour les Jeux Olympiques. Donc bien sûr, si possible, l’objectif est de se qualifier. Il y a des grosses formations comme l’Australie ou les Etats-Unis… Ce sont des équipes très difficiles à jouer et peut-être un peu mieux préparées, parce que l’équipe de France est en reconstruction et c’est vrai que ce n’est pas évident. Atteindre les quarts de finale, ce serait donc un bel objectif ! »

Pour finir, votre plus grand rêve est-il de participer aux Jeux Olympiques ?

« Oui, tout à fait. C’est le rêve de ma carrière. Bien sûr, on rêve toujours de pouvoir avoir la chance de participer aux moins une fois à toutes les compétitions : européenne, mondiale et les Jeux Olympiques. Mais c’est vrai que la compétition à laquelle tout le monde a envie de participer, ce sont les Jeux Olympiques. Si je joue au basket depuis toute petite, c’est parce que j’ai cela dans un coin de ma tête. J’espère atteindre cet objectif un jour et pouvoir y participer ! »

Merci beaucoup Anaël pour cette interview et bonne chance pour la suite !

Remerciements aussi à Sylvain Bourdois Chupin pour son aide.

Crédit photos : LFB et FIBA Europe/Ciamillo – Castoria/Marchi

La carrière d’Anaël Lardy en quelques lignes :

Evoluant au poste de meneuse de jeu, Anaël Lardy fait très tôt partie des sélections jeunes. Elle joue pour l’équipe de France cadette, junior puis espoir avec à la clé le titre de championne d’Europe cadette en 2001, et deux 3e places (au Championnat d’Europe espoir en 2005 et au Championnat du monde espoir en 2007). Entre-temps, elle débute sa carrière professionnelle au Stade Clermontois en 2005.

En juin 2009, elle est sélectionnée en équipe de France senior pour le Championnat d’Europe, qui se déroule en Lettonie. L’équipe de France y remporte le titre et Anaël Lardy joue notamment 9 minutes dans la finale contre la Russie (victoire 57 à 53).

Au début de la saison 2009/2010, elle rejoint le club de Bourges. Pour sa première saison, elle remporte la Coupe de France, est vice-championne de France et atteint les 8e de finale de l’Euroleague. Anaël Lardy fait actuellement partie des 15 joueuses de l’équipe de France en préparation pour le Championnat du monde, qui commencera le 23 septembre prochain.