Interview d’Edwige Lawson-Wade

(basketball)

Edwige Lawson-Wade est devenue vice-championne Olympique avec l’Ă©quipe de France lors des Jeux Olympiques de Londres 2012. La championne d’Europe 2001 et vice-championne d’Europe 1999 et 2013 est dĂ©sormais Directrice sportive du club de Lattes-Montpellier.

Edwige, vous avez participé à vos premiers Jeux Olympiques en 2000 Ă  Sydney avec Ă  la clĂ© une cinquième place pour l’Ă©quipe de France. A l’Ă©poque, ce rĂ©sultat Ă©tait-il une satisfaction pour vous ?

On était un peu déçues car on avait perdu le quart-de-finale contre la Corée, alors qu’on aurait pu les battre. Et le Brésil, qu’on avait battu en phase de poules, a lui terminé troisième et a remporté une médaille. C’est évidemment bien d’être cinquième pour des premiers Jeux Olympiques, mais on avait une équipe capable d’avoir une médaille.

L’annĂ©e suivante, en 2001, vous avez remporté le titre de championne d’Europe avec la France. Pensez-vous que gagner un tel titre Ă  l’âge de 22 ans a Ă©té un dĂ©clic pour la suite de votre carrière ?

Oui. C’est clair que ça m’a appris la culture de la gagne. En 2001, j’ai joué avec des joueuses qui étaient vraiment des gagnantes et avaient déjà remporté l’Euroligue et le Championnat de France. Quand on veut gagner des titres, il faut une mentalité et tout un état d’esprit. J’ai beaucoup appris par rapport à ça.

La France s’est qualifiĂ©e pour les Jeux Olympiques de Londres 2012 après avoir Ă©choué à participer aux JO d’Athènes 2004 et de PĂ©kin 2008. A l’Ă©poque, cette qualification Ă©tait-elle un objectif en soi, ou vous visiez dĂ©jĂ  plus haut ?

Sur le moment, c’était une satisfaction et on était contentes d’être qualifiées. Mais dès qu’on s’est préparées pour la compétition, on en voulait évidemment plus !

Lors des JO de Londres, vous étiez la seule joueuse française à avoir déjà participé aux Jeux. Aviez-vous senti que vous aviez un rôle spécial vis-à-vis de vos coéquipières grâce à votre expérience ?

Oui, un petit peu. Je me souviens que le coach m’avait fait parler pour que je raconte mon expérience aux Jeux Olympiques. Je leur avais aussi expliqué ce qui je pense nous avait fait un peu défaut en 2000 et ce qui pourrait nous aider en 2012.

La France a remporté la mĂ©daille d’argent de ces JO de Londres, en ayant remportĂ© tous ses matchs sauf la finale. A quel moment de la compĂ©tition avez-vous vraiment pris conscience que le podium Ă©tait faisable ?

Il y avait un match clé contre l’Australie (le deuxième match de poule remporté par la France 74-70 après prolongations, ndlr). En battant l’Australie, on savait qu’on évitait les Américaines en demi-finale. C’était l’équipe à éviter pour aller loin. C’est à ce moment-là qu’on a su qu’il y avait quelque chose à jouer !

Vous avez eu une longue carrière avec de nombreuses mĂ©dailles et de nombreux titres. Avec le recul, considĂ©rez-vous cette mĂ©daille d’argent Olympique comme le meilleur souvenir de votre carrière ?

Oui, sans aucun doute. La médaille d’argent est le plus beau souvenir de ma carrière. J’ai eu des émotions incroyables aux Jeux Olympiques avec l’équipe de France. Ce n’est vraiment pas comparable avec les autres moments que j’ai vécus, même si j’ai vécu des choses très fortes.

Mis à part votre compétition, avez-vous eu le temps de profiter de la magie des Jeux Olympiques ?

On a pu profiter. Je pense que la magie des Jeux nous a donné de la force. On est allées voir d’autres compétitions, comme la natation, le handball ou l’athlétisme avec le 100 m. On allait bien sûr aussi beaucoup voir les garçons du basket. On a essayé d’en profiter au maximum et c’était une expérience très chouette à vivre !

Au cours de votre carrière, vous avez notamment jouĂ© aux Etats-Unis et atteint une finale en WNBA. L’adaptation au système amĂ©ricain a-t-elle Ă©té difficile ?

Oui, il a fallu s’adapter parce que ça joue beaucoup plus vite. C’est beaucoup plus physique et technique. Le niveau de jeu est vraiment très élevé. C’est vrai qu’on a un petit temps d’adaptation là-dessus. Après, je trouve que les coachs américains ont aussi un temps d’adaptation pour faire confiance aux joueuses européennes et les laisser jouer. Je pense que ça va un peu dans les deux sens. Chaque été où j’y retournais, il fallait que je me réadapte à ce jeu américain beaucoup plus puissant et plus intense.

Vous avez arrĂŞtĂ© votre carrière en 2013 sur une mĂ©daille d’argent remportĂ©e avec les Bleues au Championnat d’Europe disputĂ© en France. On imagine que terminer devant votre public sur une mĂ©daille a Ă©té un grand souvenir ?

J’ai terminé sur une défaite et sur une compétition où on cherchait vraiment la médaille d’or. Ce sont donc des sentiments un peu partagés. J’étais contente parce qu’on avait quand même fait une belle compétition, mais déçue de notre finale parce qu’on n’avait pas joué à notre niveau sur ce match. J’étais quand même très satisfaite de terminer comme ça par la grande porte.

Que devenez-vous et quelles ont Ă©té les principales lignes de votre reconversion depuis l’arrĂŞt de votre carrière en 2013 ?

J’ai fait beaucoup de choses. Comme toute notre vie est d’être joueuse de basket, c’est difficile de savoir exactement ce qu’on veut faire quand on arrête. J’ai eu la chance d’avoir des opportunités pour commenter à la télé, pour être au Comité Directeur de la Fédération Française, à la Ligue Féminine et d’être dirigeante. J’en ai profité pour faire des études et passer mon diplôme de Manager général de club sportif au CDES de Limoges.

Une fois que j’ai eu mon diplôme, j’ai commencé au poste de Directrice sportive au BLMA, le club de Lattes-Montpellier. Je n’ai pas été Manager générale, parce que j’ai une situation familiale très particulière : mon mari entraîne à Ekaterinburg en Russie et l’été à Chicago aux Etats-Unis, et nous avons un enfant. J’ai donc besoin de beaucoup voyager et je ne pouvais pas assurer à mon président que je puisse être à Montpellier tous les jours de l’année. Il  a accepté que je sois en poste aussi à distance et que je puisse voyager à Ekaterinburg ou aux Etats-Unis. Depuis deux ans et demi, j’ai le poste de Directrice sportive. Je m’occupe notamment du recrutement, du suivi de l’équipe professionnelle et des entraîneurs.

Merci beaucoup Edwige et bravo pour votre carrière !

La carrière d’Edwige Lawson-Wade en quelques lignes :

Evoluant au poste de meneuse, Edwige Lawson-Wade remporte la médaille d’argent lors de sa première compétition en équipe de France, au Championnat d’Europe 1999. Elle participe ensuite aux Jeux Olympiques de Sydney 2000, où les Bleues terminent 5e. En 2001, elle devient championne d’Europe.

Elle obtient aussi un important palmarès en club. Elle remporte l’Euroligue en 2002 et 2004 avec Valenciennes et en 2005 avec le club russe de Samara. Elle devient plusieurs fois championne de France (2002, 2003 et 2004 avec Valenciennes) et remporte plusieurs fois la Coupe de France avec Aix-en-Provence, Valenciennes et Lattes-Montpellier. En 2008, elle atteint la finale de la WNBA avec San Antonio.

En 2011, elle remporte la médaille de bronze du Championnat d’Europe avec la France. Lors des Jeux Olympiques de Londres 2012, elle devient vice-championne Olympique, l’équipe de France gagnant tous ses matches sauf la finale contre les Etats-Unis. En 2013, elle obtient l’argent des Championnats d’Europe puis arrête sa carrière. Aujourd’hui âgée de 40 ans, Edwige Lawson-Wade est Directrice sportive du club de Lattes-Montpellier.

drapeau olympique Participations aux Jeux Olympiques de Sydney 2000 et de Londres 2012

medaille Médaillée d’argent aux Jeux Olympiques de Londres 2012 (basketball femmes)

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