Interview de Julien Lyneel

(volleyball)

Aujourd’hui et durant le week-end, l’équipe de France de volley dispute à Paris le Tournoi de Qualification au Championnat du monde. Julien Lyneel nous parle de ce tournoi et de la bonne dynamique des Bleus suite à la cinquième place de l’Euro.

Julien, l’équipe de France dispute ce week-end à Paris le Tournoi de Qualification au Championnat du monde. Peut-on considérer que la France est favorite étant donné que la qualification se jouera devant le public français ?

Oui, je pense qu’on peut être considérés comme favoris. J’ai lu dans beaucoup de médias qu’on était considérés comme tel et c’est un plaisir de l’entendre parce que ça veut dire qu’on a montré qu’on est capable de faire de très belles choses. Mais personnellement, je n’aime pas trop ce statut de favori parce que ça peut mettre la pression. C’est un statut compliqué à assumer et il faut vraiment qu’on reste concentrés. On va jouer de très bonnes équipes (la Biélorussie, l’Espagne et la Belgique) qui ne cessent de progresser. Il faudra jouer notre volley sans se mettre la pression.

On sent qu’il y a une très bonne dynamique depuis la fin de la Ligue Mondiale et le Championnat d’Europe. Qu’est-ce-qui a été le déclic selon toi ?

Le déclic s’est fait pendant la Ligue Mondiale. On savait que ça allait être très dur parce qu’on était tombés dans la poule de la mort avec  le Brésil, les Etats-Unis, la Bulgarie et la Pologne. On avait très mal débuté en perdant à deux reprises contre la Bulgarie et les Etats-Unis. Et ensuite, on a réussi à gagner contre la Pologne sur un tie-break de fou et dans une ambiance un peu euphorique à Rouen. Je pense qu’on a gagné ce match grâce au public, qui nous a poussé jusqu’au bout.  Ça a été l’élément déclencheur.

A Toulouse, on a ensuite de nouveau gagné au tie-break contre les Polonais. On a ainsi montré que ce n’était pas une surprise de les avoir battus au premier match. Et après, on est parti au Brésil réaliser l’exploit. On doit gagner le premier match mais on perd de justesse 3-2 devant 11 000 personnes. Le lendemain, tout le monde s’attend à ce qu’on se prenne une raclée mais on gagne 3-1. C’était magnifique et historique ! On a pris confiance en nous et on a réussi à jouer avec sérénité, sans jamais s’affoler dans les moments de difficulté.

Le fait de jouer une compétition si importante que le Tournoi de Qualification au Championnat du monde juste après les fêtes de fin d’année est-il difficile ?

C’est vrai que ce n’est pas terrible de jouer à cette époque de l’année. C’est juste après les fêtes et inconsciemment, c’est une période où il y a un moment de relâche chez le joueur professionnel. Il n’y a pas eu de décompression pour nous à part la soirée du 31 avec l’équipe et deux jours en famille pour Noël. Il faut se contenter de ça. On n’a pas vraiment le choix et c’est pareil pour nos adversaires. Ce qu’il va falloir gérer est la fatigue avec toutes les compétitions qu’on a enchainées depuis le Championnat d’Europe.

En septembre dernier, l’équipe de France a terminé cinquième du Championnat d’Europe. Avec le recul, quel est le sentiment qui domine : la fierté d’un bon résultat ou la frustration d’avoir rencontré le futur vainqueur la Russie dès les quarts-de-finale ?

Il y a beaucoup de regrets. Avec les gars de l’équipe, on se dit qu’on n’a vraiment pas eu de chance au niveau du tirage. Quand on voit le tableau qu’a eu l’équipe d’Italie… Ils avaient une autoroute tracée pour la finale ! Ça fait mal parce qu’on était vraiment bien dans ces Championnats d’Europe. J’ai ressenti qu’on avait vraiment fait un beau volley. C’est dommage d’avoir pris les Russes en quarts de finale. Ils sont actuellement quasiment intouchables. On a réussi un gros match contre eux mais c’était compliqué de rivaliser parce que c’est une très grosse machine. Mais il y a aussi un sentiment de satisfaction car on a vu qu’on était capable de rivaliser avec les plus grosses équipes du monde. Il faut continuer de bosser comme on l’a fait l’été dernier et surtout ne pas se relâcher.

Quel est à l’heure actuelle ton meilleur souvenir avec l’équipe de France ?

Je pense que ce sont les gros matchs réalisés cet été contre le Brésil et la Pologne. Quand on a gagné 3-1 contre le Brésil, c’était magnifique : d’une parce que c’était historique pour nous, et de deux parce que le volley est là-bas le premier sport national (étant donné que le foot est considéré comme une religion). C’était géant et ça restera gravé. Il y a aussi le match contre la Pologne en Pologne au Championnat d’Europe. Les Polonais voulaient absolument la première place de la poule et nous, on était transcendés devant 12 000 Polonais. Ce sont les deux matchs qui m’ont le plus marqué.

Tu as la particularité d’avoir été champion de France de beach-volley en 2010. As-tu un moment envisagé de continuer le haut niveau en beach-volley ?

J’y ai songé. Ce titre avec mon meilleur ami Greg Brachard avait une saveur particulière parce que j’ai appris à jouer au volley avec le beach-volley. Depuis que je suis jeune, on m’a proposé d’aller plus loin et d’intégrer l’équipe de France A. Le beach m’a toujours plu et j’y ai ressenti des émotions et des sensations que je n’ai pas ressenties en salle. J’ai songé à ne faire que ça mais je pense que c’est plus facile de passer de la salle au beach que le contraire. Je crois que j’ai encore des choses à démontrer en indoor mais je sais que je reviendrai au beach plus tard !

Tu as disputé toute ta carrière professionnelle au sein du club de Montpellier. Qu’est-ce-qui te plaît le plus dans ce club ?

Il y a un certain confort. Je suis né à Montpellier et je ne suis jamais parti de cette ville. J’y ai ma famille et mes amis. C’est mon club de cœur et il y a un engagement un peu personnel à ce niveau-là. J’ai toujours voulu avoir un titre et j’ai envie d’amener cette équipe de Montpellier le plus loin possible. Mais je ne vais pas rester à Montpellier éternellement car il faut aussi que je pense à moi. En tout cas, c’est mon club de cœur donc je donne tout pour eux !

L’équipe de France n’est pas parvenue à se qualifier pour les Jeux Olympiques depuis 2004. Participer aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 est-il quelque chose qui t’obsède ?

C’est mon rêve depuis que j’ai commencé le volley. Gagner les JO, c’est le Graal. Faire les JO est mon rêve et je ne pense qu’à ça.

Merci beaucoup Julien et bonne année 2014 !

Crédits photos : Pillaud

La carrière de Julien Lyneel en quelques lignes

Evoluant au poste de réceptionneur-attaquant, Julien Lyneel remporte en 2007 la médaille d’argent du Championnat d’Europe junior avec la France. Il débute sa carrière à Montpellier, club au sein duquel il joue encore actuellement.

En 2010, il est finaliste de la Coupe de France. Cette même année, il se distingue également en beach volley en devenant champion de France.

En 2013, il atteint les quarts de finale du Championnat d’Europe avec l’équipe de France. Agé de 23 ans, Julien Lyneel dispute ce week-end le Tournoi de Qualification au Championnat du monde avec les Bleus.