Interview de Kévin Le Roux

(volleyball)

En 2014, Kévin Le Roux s’est distingué avec ses coéquipiers de l’équipe de France de volley en prenant la quatrième place du Championnat du monde. Il revient pour nous sur cette belle performance et nous parle aussi de son expérience dans le Championnat de Corée du Sud, où il joue aujourd’hui.

Kévin, tu as terminé quatrième du Championnat du monde 2014 avec l’équipe de France. Plusieurs mois après la compétition, quel est le sentiment qui domine : la déception d’être passé si proche d’une médaille ou bien la satisfaction d’avoir réalisé un très beau Championnat du monde ?

On est forcément déçus de la quatrième place car on pensait au moins prendre une médaille. Mais on a quand même réalisé une très belle compétition. Je crois qu’on n’a perdu que deux matchs, donc on est vraiment satisfaits. C’était une grosse compétition pour nous, cela nous a aidés et nous a faits grandir.

Avec un peu de recul, qu’a-t-il manqué selon toi à l’équipe pour monter sur le podium de ce Championnat du monde ?

On gagne largement contre les Allemands 3-0 en petite poule pour accéder demi-finale. Après, on les rejoue lors du match pour la troisième place et on perd. Tous les matchs sont différents. Mais c’est sûr que la fatigue était là. Tout le monde était « mort ». On n’est pas une équipe physique donc on était forcément plus fatigués qu’eux.

Il semble que la France ait changé de statut avec ce Championnat du monde. A quel moment le groupe a-t-il pris conscience qu’il était capable de jouer les tous premiers rôles au niveau mondial ?

Le jour où on a changé d’entraîneur. C’est vrai en plus ! Laurent (Tillie, le sélectionneur de l’équipe de France, ndlr) est arrivé, il a changé et pris un groupe jeune. Pour le moment, ça marche et je pense que c’est ce qui a fait toute la différence.

Ce dernier Championnat du monde a été plus médiatisé que d’habitude en France. On imagine que cela t’a fait plaisir ?

Oui, c’est important qu’on parle un peu plus du volley et de nos résultats. On fait de bonnes performances et pourvu que ça dure dans les prochaines années, à commencer par cet été avec le Championnat d’Europe !

Tu évolue depuis peu au sein du club coréen des Hyundai Skywalkers. L’adaptation dans ce nouveau club et ce nouveau pays a-t-elle été parfois difficile ?

Oui, ce n’est pas évident. Tout est différent ici : la culture, la nourriture, les entraînements, le mode de vie… Tout a changé pour moi ! J’ai mis un peu de temps à m’habituer. Mais au bout de deux semaines, dès que tu as compris le processus et comment ça fonctionne ici, ça roule ! C’est vrai que ce n’est pas facile. Il faut rester concentré et fort mentalement et physiquement.

Tu es le premier Français à évoluer dans le championnat sud-coréen. Quelles sont selon toi les principales différences entre l’organisation de ton club en Corée et celle des clubs européens dans lesquels tu avais évolués auparavant ?

Il n’y a pas énormément de différences. Ici, c’est aussi structuré qu’en Europe avec plusieurs entraîneurs, une structure médicale… Mais ça travaille un peu plus dur et ils sont un peu plus stricts sur chaque rendez-vous. Sinon, c’est la même chose. Seul le travail est différent. Il faut s’adapter.

Ton contrat en Corée ne dure que cinq mois. As-tu déjà des projets une fois que ton contrat avec les Hyundai Skywalkers sera terminé ?

Je ne sais pas. Je vais peut-être rester une deuxième année ici et revenir en Europe après. Ou alors, si vraiment j’ai du mal et que ça ne me plaît pas tant que ça jusqu’à la fin de la saison, je reviendrai en Europe plus tôt. On verra ! Pour l’instant, c’est encore trop tôt.

Le grand objectif de l’équipe de France de volley est les Jeux Olympiques de Rio en 2016. Au sein de l’équipe, le but est de participer ou vous avez déjà un objectif de classement ou de médaille ?

Il faut vraiment y participer. On a raté la qualification aux Jeux Olympiques de peu il y a trois ans : c’était en Bulgarie, à Sofia, devant 19 000 spectateurs… C’était de la folie ! Cette année, il nous la faut forcément. On a terminé quatrième du Championnat du monde et on avait fini cinquième du Championnat d’Europe l’année précédente, après avoir perdu contre les Russes en quarts de finale. Rio est vraiment un objectif pour tout le monde et il va falloir tout faire pour y arriver !

Pour finir, quels sont tes prochains objectifs à titre personnel et collectif en Corée du Sud ?

C’est de progresser au maximum physiquement. Je sais aussi que je vais progresser mentalement parce que je suis le seul étranger ici et ce n’est pas facile. Il faut gérer pas mal de ballons et avoir de la constance. Collectivement, c’est différent ici : si je joue mal, l’équipe va perdre, alors que si je suis bon, l’équipe va avoir confiance en moi, les autres joueurs vont se libérer, l’équipe va devenir bonne et on va gagner. Donc si je suis nul personnellement, l’équipe sera nulle collectivement. Je travaille là-dessus pour être un pilier qui fait monter l’équipe.

Merci beaucoup Kévin et bonne continuation en Corée du Sud !

Crédits photos : FFVB et Julien Crosnier / FFVB

La carrière de Kévin Le Roux en quelques lignes :

Evoluant au poste de central, Kévin Le Roux devient champion d’Europe des -19 ans en 2007 et des -21 ans en 2008. Il débute sa carrière professionnelle lors de la saison 2009-2010 avec l’AS Cannes où il est finaliste du Championnat de France. En 2010, il est sélectionné en équipe de France et dispute son premier Championnat du monde.

En 2013, il prend la cinquième place du Championnat d’Europe avec l’équipe de France, après avoir été éliminé en quarts de finale. Cette même année, il quitte Cannes et signe en Italie à Pallavolo Piacenza, club avec lequel il remporte la Coupe d’Italie en 2014.

En septembre 2014, il termine quatrième du Championnat du monde avec l’équipe de France. Peu après, à 25 ans, il décide de rejoindre pour quelques mois le club coréen des Hyundai Cheonan Skywalkers.