Interview de Lionel Létizi

(football)

Cette semaine, interviewsport.fr a pu interviewer Lionel Létizi. Le gardien de l’OGC Nice a annoncé il y a quelques semaines qu’il allait mettre un terme à sa carrière à la fin de la saison. L’occasion de revenir sur ses années niçoises, ses souvenirs au PSG et bien sûr ses quatre sélections en équipe de France.

Lionel, vous avez annoncé il y a quelques semaines votre décision de mettre un terme à votre carrière à la fin de la saison. A quel moment avez-vous pris cette décision et est-ce que vous y pensez depuis longtemps ?

« J’ai pris cette décision aux mois de septembre et octobre derniers. Cela faisait trois ou quatre ans que j’attendais le moment, c’est-à-dire depuis que je suis revenu à Nice. J’y pensais, alors j’étais très à l’écoute de mes sensations tant au niveau physique que mental. Au début, je prolongeais d’un an chaque année parce que je me sentais bien. Et puis après la préparation, aux mois de septembre et octobre, j’ai commencé à ressentir une fatigue physique. J’avais du mal à encaisser les grosses séances et à répéter les efforts. J’essayais de me projeter dans un an : cela n’allait pas aller en s’arrangeant. Je me suis donc dit qu’il fallait être raisonnable. Je vais avoir 38 ans au mois de mai, il y a des jeunes gardiens de qualité qui arrivent, donc je pense que c’est le bon moment ! »

Vous allez donc achever votre carrière à l’OGN Nice, qui est aussi là où vous avez commencé votre carrière. Est-ce une fierté particulière de finir dans le club de vos débuts ?

« Oui ! Quand je suis parti de Nice, je savais que je reviendrais dans ma région parce que j’y suis très attaché. Mais je ne savais pas si je reviendrais rejouer un jour au club. J’en ai eu la possibilité, et ça fait maintenant quatre ans que j’y suis, c’est bien ! »

Depuis votre retour à Nice en 2007, vous avez été la doublure d’Hugo Lloris puis de David Ospina. Cela vous tient-il particulièrement à cœur d’apporter votre expérience aux plus jeunes ?

« C’est un rôle particulier. J’ai fait les deux-tiers de ma carrière en tant que titulaire et là, c’était autre chose : essayer d’aider ces gardiens, pallier aux absences du mieux possible… Franchement, ça s’est bien passé et j’ai apprécié ! »

Avez-vous déjà des idées de reconversion ?

« Oui. J’ai passé mes diplômes d’entraîneur et d’entraîneur des gardiens. J’ai des idées dans le football et aussi hors-football. Mais je pense que je vais me laisser un peu de temps l’année prochaine pour réfléchir, voir s’il y a des propositions qui arrivent, et dans ce cas les étudier, que ce soit dans le football ou non. Il ne faut pas se précipiter. La fin de carrière en elle-même est quand même un tournant dans une vie, et il vaut mieux être patient et ne pas se tromper pour la reconversion. »

Revenons un peu en arrière : en 1998, vous faisiez partie de la pré-sélection de vingt-huit joueurs mais vous n’avez finalement pas été retenu par Aimé Jacquet pour la Coupe du monde. Avez-vous mis du temps à digérer cette non-sélection ?

« J’ai mis quatre mois. J’ai eu après un début de saison un peu difficile avec Metz, jusqu’en novembre/décembre. Après, je suis revenu et j’ai continué à travailler. Cela ne m’a pas empêché de faire la carrière que j’ai faite ! »

Retiendrez-vous quand même du positif de votre passage chez les Bleus ?
« Oui. Ca m’a permis de côtoyer des grands joueurs, de voir comment ils se préparaient et comment ils attendaient les événements et les matchs. C’était une belle expérience.

C’est aussi une fierté. J’ai quatre sélections : je suis quand même fier d’avoir porté quatre fois le maillot de l’équipe de France sur le terrain, en tant que titulaire. Entre 1996 et 2002, j’ai été appelé irrégulièrement mais assez souvent remplaçant. C’était une bonne partie de ma carrière. J’en garde de bons souvenirs ! »

Vous avez joué de longues saisons aux Paris Saint-Germain. Quel est votre souvenir le plus fort avec ce club ?

« J’ai de bons souvenirs de Paris. Ce n’est pas un club facile mais cela ne laisse pas insensible. S’il y a un souvenir à garder, je pense que c’est la finale de la Coupe de France contre Marseille (en 2006, ndlr). C’était historique, on a gagné, et puis c’était mon dernier match avec Paris. Ca reste donc un très bon souvenir. Sinon, on a joué des beaux matchs de Ligue des Champions, de Coupe UEFA, des PSG-Marseille… Mais on va dire PSG-Marseille en finale ! »

Parmi tous les entraîneurs que vous avez eus au cours de votre carrière, quel est celui qui vous a le plus marqué ?

« Celui que je retiens, c’est bien sûr Albert Emon puisqu’il m’a fait confiance quand j’étais jeune. Il m’a lancé et je ne peux pas l’oublier. Joël Muller aussi m’a fait progresser. En entraîneur des gardiens, il y eu Pascal Janin : on a travaillé quatre ans ensemble à Metz et il m’a beaucoup apporté. Après, je garde en général de bons souvenirs de tous les entraîneurs que j’ai eus, notamment à Paris. En fin de carrière, on retient en général plus les bons souvenirs que les mauvais ! »

Merci beaucoup Lionel pour cette interview et bonne fin de saison avec l’OGC Nice !

Remerciements également à Virginie Rossetti pour son aide.

La carrière de Lionel Létizi en quelques lignes :

Evoluant au poste de gardien de but, Lionel Létizi débute sa carrière à l’OGN Nice. En 1994, il y remporte le titre de champion de Ligue 2. Deux ans plus tard, il part à Metz et y devient vice-champion de France en 1998 et finaliste de la Coupe de la Ligue en 1999.

Ses bonnes performances lui permettent d’être appelé en équipe de France. Il fête sa première sélection en octobre 1999 contre l’Afrique du Sud. Il fait ensuite partie de la pré-sélection des 28 joueurs de l’équipe de France, mais n’est finalement pas retenu par Aimé Jacquet pour la Coupe du monde. En tout, Lionel Létizi compte quatre sélections en équipe de France, dont la dernière en mars 2001.

En 2000, il signe au Paris Saint-Germain et forme avec Jérôme Alonzo une doublette de gardiens talentueux. Il remporte la Coupe de France en 2004 et en 2006, et devient vice-champion de France en 2004. En 2006, il part tenter l’expérience aux Glasgow Rangers mais revient en France début 2007 dans le club de ses débuts, Nice. Lionel Létizi mettra fin à sa carrière à la fin de la saison, à l’âge de 38 ans.