Interview d’Olivier Nyokas

(handball)

L’équipe de France de handball prépare actuellement le Championnat du monde, qui aura lieu dans quelques jours en Allemagne et au Danemark. Pour l’occasion, nous avons rencontré Olivier Nyokas, vice-champion Olympique en 2016 et champion du monde en 2017.

Olivier, l’équipe de France se prépare actuellement pour le Championnat du monde, qui commencera le 10 janvier. On imagine que cela est un grand plaisir pour vous de préparer cette échéance, un an après avoir dû déclarer forfait pour le Championnat d’Europe à cause d’une blessure ?

Effectivement, c’est une grande joie de revenir en équipe de France après un an. Une année, c’est long. On ne nous attend pas : le train continue d’avancer et de nouveaux joueurs arrivent et s’installent. J’ai dû travailler très dur pour revenir et je suis très satisfait d’être de retour au plus haut niveau.

A titre personnel, quel est votre objectif pour ce Championnat du monde ?

Mon objectif est de pouvoir aider le collectif à atteindre les objectifs fixés par le staff. Mon but est de pouvoir rendre service à l’équipe !

Le contexte est différent d’il y a deux ans, quand vous êtes devenu champion du monde en France ?

Oui, on est dans un autre contexte aujourd’hui. On va jouer en Allemagne et au Danemark, des pays rois du handball, et il faudra être plus que bon pour s’imposer. On n’a plus la même équipe qu’il y a deux ans : des joueurs majeurs ont arrêté, d’autres sont blessés. Il y a une redistribution des cartes.

Vous avez remporté le Championnat du monde 2017, disputé en France. Par rapport aux autres compétitions, sentiez-vous qu’il y avait une pression particulière du fait d’évoluer devant le public français ?

Absolument. Quand une compétition est organisée dans son pays, il est délicat de produire des contre-performances. C’est du sport et ce n’est pas parce qu’on organise une compétition qu’on va la gagner, mais il y a une petite pression qui nous rappelle qu’on doit s’imposer. Le public donne aussi une âme supplémentaire et ça joue dans les performances !

Considérez-vous que cette finale du Championnat du monde 2017 remportée devant le public français à Bercy soit le moment le plus fort de votre carrière ?

Il y a eu d’autres moments forts, et il y en aura d’autres. C’était un moment très plaisant et c’est pour des matchs comme ça qu’on aime notre sport et notre métier. Mais ce n’était pas une fin en soi et j’espère vivre des moments encore plus intenses, en sélection et en club. La médaille aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 était aussi quelque chose de grand. Ce n’était donc pas le plus beau moment de ma carrière, mais sans doute l’un des moments les plus importants.

Vous avez un frère jumeau, Kevynn, qui a été champion d’Europe 2014 et champion du monde 2015, mais vous n’avez jamais joué ensemble en équipe de France. Cela reste-t-il un grand regret ?

Absolument. Le fait de ne pas avoir pu évoluer avec mon frère est l’un de mes regrets dans ma carrière sportive. On a juste eu l’occasion de faire ensemble un stage de préparation pour les Jeux Olympiques en 2016. Je suis arrivé à maturité un peu plus tard que lui, et lui a été gêné par une blessure. C’est un concours de circonstances. Mais ce n’était pas non plus une fin en soi. Ça aurait été quelque chose de très positif pour nous et ça aurait pu faire une jolie histoire, mais ça ne s’est pas fait et c’est comme ça !

Lors des Jeux Olympiques de Rio en 2016, vous étiez sélectionné en tant que remplaçant et vous avez intégré le groupe juste avant la finale pour remplacer Mathieu Grébille, blessé. Comment avez-vous géré cette situation spéciale ?

Avant tout, je remercie tous mes coéquipiers. Je faisais partie du groupe à part entière. Je me suis toujours très bien senti et bien considéré et impliqué dans tout ce qui se faisait. Je n’étais pas en marge. En y allant, je savais que cela n’allait pas être simple et qu’il fallait s’entraîner dur, rester concentré et concerné le plus longtemps possible. C’est ce que j’ai su faire. J’étais prêt quand je suis entré sur la finale. Malheureusement, on ne s’est pas imposé, mais ça reste un très beau parcours.

Au-delà de la compétition, quels souvenirs gardez-vous de ces Jeux Olympiques de Rio ?

Les Jeux Olympiques, c’est vraiment une compétition à part. On participe à plein de compétitions internationales, que ce soit en club ou en équipe de France, mais les Jeux Olympiques restent vraiment la compétition et l’épreuve reine de tous les sports. Ce qui est fort aux Jeux, c’est que tous les athlètes sont au Village Olympique. Cet endroit concentre ceux qui consentent les mêmes efforts et les mêmes sacrifices quotidiens pour parvenir au plus haut niveau. C’est beau de pouvoir vivre cette expérience et de pouvoir voir d’autres athlètes d’autres nations qui dédient leur vie à leur sport. C’est vraiment quelque chose qu’on ressent et qu’on a beaucoup de bonheur à observer !

Merci beaucoup Olivier pour cette interview et bonne année 2019 !

Crédits photos 1 et 3 : FFHB / S. Pillaud

La carrière d’Olivier Nyokas en quelques lignes :

Olivier Nyokas débute sa carrière professionnelle au Paris Handball en 2006, club au sein duquel il remporte la Coupe de France en 2007. Il joue ensuite au BM Alcobendas (Espagne), à l’US Créteil, au l’HBW Balingen-Weilstetten (Allemagne) et depuis 2016 au HBC Nantes.

Il connaît sa première sélection en équipe de France en novembre 2015. Il participe dans la foulée au Championnat d’Europe 2016, où la France termine 5e. Lors des Jeux Olympiques de Rio en 2016, il est sélectionné en tant que remplaçant et intègre le groupe juste avant la finale à la place de Mathieu Grébille, blessé. Il remporte ainsi la médaille d’argent de ces JO.

En 2017, il devient champion du monde avec l’équipe de France, devant le public français. Avec Nantes, il remporte la Coupe de France 2017 et est finaliste de la Ligue des Champions 2018. Âgé de 32 ans, Olivier Nyokas prépare actuellement le Championnat du monde, qui va se disputer en janvier en Allemagne et au Danemark.