Interview de Siraba Dembele

(handball)

La nouvelle saison de la Ligue Féminine de Handball a commencé ce week-end. Pour l’occasion, nous avons rencontré la joueuse de Toulon Siraba Dembele. Vice-championne du monde avec l’équipe de France en 2009, elle a été élue meilleure joueuse du championnat l’année dernière.

Siraba, vous avez été élue meilleure joueuse du championnat la saison dernière. Ce trophée vous met-il plus de pression au moment de commencer cette nouvelle saison ?

Pas du tout ! C’est clair que ça fait plaisir… Quand on fait du sport et qu’on est en progression depuis quelques années, c’est quelque part une récompense de tout le travail qu’on a fourni. Mais je ne me mets pas du tout de pression par rapport à ça parce que je sais que j’ai toujours des choses à apprendre. Je ne suis pas rendue, donc non, ça ne me met pas de pression !

Outre ce titre, vous avez également été désignée meilleure ailière gauche du championnat en 2008, 2009, 2010 et 2011. Accordez-vous une importance particulière à ces distinctions individuelles ?

Non, pas du tout. Je ne commence pas une saison en me disant : « il faut que je sois la meilleure ». Je commence une saison en me disant que je veux gagner avec mon équipe. J’ai envie de progresser, d’apprendre, de savoir faire le plus de choses possibles sur mon poste. Après, ce ne sont que des petits plus. Donc ça fait plaisir, c’est clair et net, mais pour moi ce n’est pas une priorité fondamentale !

Avec votre club de Toulon, vous avez remporté le championnat de France en 2010, le seul depuis de nombreuses années qui n’a pas été remporté par Metz. Avez-vous vraiment l’impression de lutter à armes égales avec ce club ?

Je pense que depuis deux ou trois ans, on ne peut pas pronostiquer. On ne peut pas savoir qui va être champion. Les équipes françaises se renforcent et il y a des joueuses étrangères qui viennent jouer dans le championnat français. Je trouve que le championnat est ouvert !

Vous comptez deux médailles avec l’équipe de France : le bronze au Championnat d’Europe 2006 et l’argent au Championnat du monde 2009. Quelle médaille vous a apporté le plus d’émotions ?

Les deux ! La première était ma première compétition internationale. Je découvrais le haut niveau et j’avais des étoiles partout. Ca me faisait bizarre ! C’était ma première compétition, je rencontre les meilleures joueuses et je reviens avec une médaille… Ca a été vraiment émouvant !

Mais le Mondial a tellement été un parcours inattendu, avec des rebondissements… Ca partait dans tous les sens ! C’était énormément d’émotion et je crois que c’est celle-là qui m’a le plus émue parce qu’on revenait vraiment de loin !

Le fait de ne pas avoir pu participer aux Jeux Olympiques de Pékin en 2008 a-t-il été particulièrement difficile à digérer ?

Je crois que ça m’a plutôt bénéficié. C’est vrai que j’étais très triste : quand tu fais toute une préparation et que finalement une semaine avant de partir, tu ne fais pas la compétition, ça fait mal ! Mais je crois aussi que ça m’a renforcée. Si je n’y ai pas été, c’est que je n’étais pas prête à y aller. Ca voulait dire que j’avais encore des choses à apprendre. En tout cas, ça m’a vraiment boostée !

L’année dernière, vous avez terminé cinquième du Championnat d’Europe avec l’équipe de France. Avec un peu de recul, que vous a-t-il manqué pour réitérer la performance du Mondial de l’année précédente ?

Une certaine constance ! Au Mondial, on a eu un peu de chance et je pense que là, on ne l’a pas eue. Si la Suède perdait, on passait en demi-finale, mais là, on n’a pas eu la chance qu’on a eue au Mondial. C’est donc une certaine constance qu’on a vraiment du mal à avoir et qui nous fait défaut tout le temps. Je crois qu’on en a pris conscience. En tout cas, on essaie d’y remédier mais c’est difficile !

L’année prochaine ont lieu les Jeux Olympiques des Londres. Vous y pensez tous les jours ?

Non, je ne suis pas comme ça ! Je ne suis pas du genre à me dire qu’il faut que j’aille là ou là. Je n’y pense pas particulièrement. Effectivement, on en entend parler partout parce que c’est clair et net que c’est l’événement de l’année prochaine. Mais on commence le championnat, il y a le Championnat du monde au Brésil… C’est ce que j’ai dans ma tête pour l’instant ! Je ne suis pas du genre à penser à plus tard. Je prends vraiment les choses comme elles arrivent !

Merci beaucoup Siraba pour votre gentillesse et bonne chance pour cette nouvelle saison !

Crédit photos : femmesdedefis.com (deuxième photo de Stéphane Pillaud, Sportissimo)

La carrière de Siraba Dembele en quelques lignes :

Evoluant au poste d’ailière gauche, Siraba Dembele débute sa carrière au Mérignac Handball. Elle y reste entre 2005 et 2008. Elle joue son premier match en équipe de France en mai 2006. Cette même année, elle remporte la médaille de bronze lors du Championnat d’Europe. Un an plus tard, elle termine 5e du Championnat du monde disputé en France.

Elle rejoint ensuite le club d’Issy-les-Moulineaux. Elle effectue la préparation pour les Jeux Olympiques de Pékin en 2008 mais n’est finalement pas retenue pour la compétition. Un an plus tard, elle devient vice-championne du monde avec l’équipe de France.

Depuis 2009, elle évolue à Toulon. Elle y remporte le titre de championne de France en 2010. A la fin de la saison 2010/2011, elle est élue meilleure joueuse du championnat. Elle a également été désignée meilleure ailière gauche du championnat à quatre reprises (2008, 2009, 2010 et 2011). Agée de 25 ans, elle a déjà atteint la barre des 100 sélections en équipe de France.