Interview de Valériane Ayayi

(basketball)

Vice-championne d’Europe avec l’équipe de France en 2013, Valériane Ayayi a pour objectif de participer et obtenir un bon résultat aux Jeux Olympiques de Rio avec les Bleues. La jeune ailière de 21 ans revient pour nous sur son expérience en équipe de France ainsi que dans le Championnat américain de la WNBA, où elle a évolué en 2015.

Valériane, tu es devenue vice-championne d’Europe avec l’équipe de France en 2013, à l’âge de 19 ans. Cela a-t-il été difficile de gérer le fait d’être aussi jeune et de disputer cette compétition en France ?

Non, au contraire ! C’était un engouement énorme et je ne pouvais pas rêver mieux pour une première compétition. Etre dans son pays, devant des gens qui nous supportent tout au long de l’année, ça a été un plus pour moi ! Ma famille est aussi venue !

Avec le recul, cette médaille d’argent suite à une courte défaite en finale est une satisfaction ou bien cela reste un grand regret ?

On aurait forcément préféré remporter la médaille d’or. On était en France et on était favorites. Mais cela reste quand même une médaille d’argent. Il ne faut pas l’oublier. C’est un sentiment partagé mais ça reste quand même une grande fierté.

Dans la foulée de cette médaille d’argent au Championnat d’Europe senior, tu as aussi remporté l’argent du Championnat du monde avec l’équipe de France des -19 ans. Cela a-t-il été difficile d’enchaîner ces deux grandes compétitions en si peu de temps ?

Oui, cela n’a pas été facile. Il y avait de la fatigue. Mais je retrouvais les filles avec qui j’avais passé toutes mes années à l’INSEP ou en équipe de France et c’était un plaisir de les retrouver. On a fait un très bon résultat sur cette compétition. On n’en attendait pas autant. Ça a été une grande satisfaction ! Quand on gagne, c’est toujours plus facile d’enchaîner.

En 2014 et en 2015, tu n’as pas été retenue dans le groupe final de l’équipe de France pour le Championnat du monde et le Championnat d’Europe. On imagine que cela a été difficile à digérer ?

Oui, ça a été difficile parce que c’était un objectif personnel. Je sais que j’ai fait ce que j’avais à faire. Ce sont les choix de la coach et je les respecte !

En 2015, tu as évolué dans le championnat américain WNBA dans l’équipe des Stars de San Antonio. Raconte-nous un peu comment le contact s’est fait : tu songeais à jouer aux Etats-Unis depuis longtemps ?

Pendant la saison régulière en France, j’avais déjà eu quelques contacts. Mais j’avais refusé parce que je donnais priorité à l’équipe de France. J’avais comme objectif principal d’intégrer l’équipe de France et de participer au Championnat d’Europe. Finalement, cela ne s’est pas fait. J’ai donc contacté mon agent et je lui ai demandé ce qu’on allait faire. Il m’a dit qu’il avait encore des contacts aux Etats-Unis et m’a demandé si ça me tentait. Je lui ai dit que oui. Je voulais rebondir tout de suite et continuer ma progression.

San Antonio s’est avancé et me semblait une bonne franchise. Edwige Lawson, dont je suis assez proche, y avait évolué et elle m’en avait dit beaucoup de bien. Son mari était assistant. Cela faisait un point d’ancrage non négligeable. J’ai donc intégré la franchise et ça a été génial !

Tu es arrivée en cours de saison dans le championnat WNBA et tu as 21 ans. Ton intégration et ton adaptation ont-t-elles été difficiles ?

C’est vrai que j’ai mis quelques matches à entrer dedans parce que le rythme et l’intensité sont totalement différents de ce qu’on voit en France ou en Europe. C’est complètement autre chose ! Mais une fois dedans, ça s’est bien passé et j’ai vite assimilé les systèmes. Les filles m’ont aussi beaucoup aidé dans le jeu. Le groupe était jeune et vivant. Ça a donc été plus facile pour m’intégrer.

Cette expérience dans le championnat américain t’a fait évoluer dans le jeu ?

Bien sûr que j’ai évolué, que ce soit mentalement ou tactiquement. On est quand même au contact des meilleures joueuses américaines ! Le niveau d’intensité et le niveau physique sont au-dessus. Maintenant que je connais ce niveau-là, j’essaie encore plus de dominer l’adversaire que j’ai en face de moi. Mentalement, ce sont des filles qui ne doutent pas et cela m’a aussi appris à ne pas douter.

L’équipe de France va devoir passer par un tournoi de qualification pour obtenir son ticket pour les Jeux Olympiques de Rio. Cela est-il déjà une grande obsession pour tout le groupe France ?

Oui, bien sûr ! On est en période de qualifications pour le Championnat d’Europe 2017 et c’est aussi un moment où la coach en profite pour travailler pour ce tournoi pré-Olympique. C’est une obsession ! L’objectif de la Fédération, c’est bien sûr les JO !

Pour finir, quels sont tes objectifs pour l’année 2016, que ce soit à titre individuel et collectif ?

A titre individuel, c’est de continuer à avancer et devenir plus dominante dans le Championnat de France. Ensuite, ce serait bien de réintégrer l’équipe de France. A titre collectif, c’est bien sûr de remporter des titres avec Montpellier. Faire un doublé pendant l’année est l’objectif de beaucoup de clubs et c’est toujours le nôtre. Ensuite, pour l’équipe de France, l’objectif est une qualification pour les Jeux Olympiques et un résultat pendant ces JO !

Merci beaucoup Valériane et bonne chance pour cette année 2016 !

La carrière de Valériane Ayayi en quelques lignes

Evoluant au poste d’ailière, Valériane Ayayi commence sa carrière en 2012 dans le club de Basket Landes. Elle est sélectionnée en 2013 pour le Championnat d’Europe, qui se dispute en France. Elle y remporte la médaille d’argent avec les Bleues, après une courte défaite en finale contre l’Espagne. Dans la foulée, elle remporte une nouvelle médaille d’argent lors des Championnats du monde des moins de 19 ans.

Après une nouvelle saison au Basket Landes où elle est élue meilleure Espoir du championnat (2014), elle rejoint le club de Lattes-Montpellier. Elle est pré-selectionnée en équipe de France mais ne figure pas dans le groupe final du Championnat du monde 2014.

En 2015, elle est la dernière joueuse à quitter le groupe France avant l’Euro. Elle part alors jouer dans le Championnat américain WNBA, chez les Start de San Antonio. Aujourd’hui âgée de 21 ans, Valériane Ayayi joue dans le club de Lattes-Montpellier et compte 27 sélections en équipe de France pour 118 points.