Sélectionnée pour la première fois en équipe de France à 20 ans, Marielle Amant a remporté deux médailles d’argent aux Championnats d’Europe 2013 et 2017 et a participé aux Jeux Olympiques de Rio 2016. Elle revient pour nous sur les grands moments de sa carrière et sa reconversion en Martinique.

Marielle, tu as participĂ© Ă la Coupe du monde 2010, oĂą la France a Ă©tĂ© Ă©liminĂ©e en quarts-de-finale. Quels souvenirs gardes-tu de cette première compĂ©tition internationale, disputĂ©e Ă l’âge de 20 ans ?
J’ai intégré le groupe pour la Coupe du monde en remplacement de Sandrine Gruda (blessée quelques jours avant le début du tournoi, ndlr). J’étais la plus jeune. Je me suis dit que je n’avais rien à perdre. C’était ma première grande compétition internationale et je venais pour découvrir.
J’en garde un souvenir assez mitigé car on a perdu en quarts-de-finale contre l’Espagne et c’était selon moi un match plus que prenable. Je me sentais très bien lors de ce match mais on est passées à côté sur des choix tactiques et techniques. Cette défaite était un peu amère.
Tu as Ă©tĂ© la dernière joueuse Ă quitter le groupe avant les Jeux Olympiques de Londres 2012. Comment as-tu vĂ©cu la prĂ©paration et l’annonce finale de la sĂ©lection ?
Ma saison 2011-2012 ne parlait pas en ma faveur car je n’avais pas beaucoup de temps de jeu dans mon club de Bourges. Je retrouvais le plaisir de jouer quand je venais en équipe de France. Au début, je ne pensais pas forcément être prise dans le groupe final des Jeux. Mais au fur et à mesure, j’ai compris que c’était possible. Mes prestations ont fait bouger les lignes et ont montré que je pouvais avoir ma place. Le sélectionneur, Pierre Vincent, a fait part au groupe qu’il hésitait entre deux joueuses, et j’étais l’une des deux. Cela avait été très compliqué pour lui de faire un choix et il a repoussé la sélection jusqu’au dernier moment.
J’ai en effet été la dernière joueuse écartée pour les JO de Londres. Je l’ai finalement eu amère car j’y ai cru. La raison de la décision était mon manque d’expérience par rapport à l’autre joueuse.
« Je me suis refait le film du match pendant un certain temps »
En 2013, tu as remportĂ© la mĂ©daille d’argent du Championnat d’Europe disputĂ© en France, après une dĂ©faite d’un point en finale contre l’Espagne. Après la compĂ©tition, quel sentiment a prĂ©dominĂ© pour toi : la frustration d’avoir perdu en finale ou bien la satisfaction de remporter ta première mĂ©daille internationale ?
C’est difficile quand tu termines un Championnat sur une défaite, surtout en finale ! Tu montes sur le podium mais tu n’es pas fière du parcours à ce moment-là . Le match était très intense. Un point, c’est rien ! Je n’ai pas pensé au fait que c’était ma première médaille. J’ai surtout pensé à l’amertume de perdre encore une fois contre l’Espagne. Je me suis refait le film du match pendant un certain temps. Il a bien fallu un mois avant que je digère un peu cette défaite.

Tu as été sélectionnée pour les Jeux Olympiques de Rio 2016. On imagine que l’annonce de la sélection a été stressante ?
L’expérience de ma non-sélection pour les JO de Londres m’a vraiment aidée à me préparer quatre ans plus tard. Mais j’étais stressée pour l’annonce de la sélection de Rio. Plus ça arrivait, plus je stressais. Je craignais de vivre à nouveau cette expérience !
Lors des Jeux Olympiques de Rio 2016, l’Ă©quipe de France s’est classĂ©e deuxième de son groupe et a Ă©tĂ© Ă©liminĂ©e en demi-finale contre les États-Unis. Sentais-tu une bonne dynamique dans l’Ă©quipe ?
Oui ! Cela faisait quatre ans qu’on se préparait. On y croyait ! On avait un bon état d’esprit. On voulait aller chercher la médaille mais ça ne s’est pas passé ainsi !
La France a terminĂ© quatrième de ces JO de Rio après avoir perdu la petite finale contre la Serbie. Comment as-tu vĂ©cu cette petite finale de l’intĂ©rieur ?
Être aux JO de Rio n’était pas juste un objectif : c’était déjà un rêve. Je voulais vivre mon rêve de la meilleure des manières et ne pas partir sans médaille. J’étais vraiment déterminée ! Je n’étais pas stressée. Notre adversaire savait qui on était et on pouvait jouer les yeux dans les yeux contre elles. J’y ai cru jusqu’au coup de sifflet final ! De toutes mes compétitions en équipe de France, cette défaite a été la plus dure à digérer.
Malgré la déception de partir sans médaille, gardes-tu quand même de bons souvenirs de cette expérience Olympique ?
Oui, totalement ! J’ai énormément apprécié la vie au Village Olympique. On ne représente pas une discipline, mais une nation. J’ai aimé le mélange avec les autres disciplines comme le handball, la boxe et le judo. Aussi, je suis Martiniquaise et j’ai pu rencontrer de nombreux athlètes d’îles des Caraïbes.
Je retiendrai toujours la cérémonie d’ouverture dans le stade ! On chantait tous en attendant. Et au moment d’entrer dans le stade, il y a eu un bruit énorme ! J’ai joué dans des salles blindées, mais là , c’était un stade ! Je me rappelle que j’étais avec Sarah Michel : on s’est regardées et on a pleuré. C’étaient nos premiers JO. Ce sont des souvenirs qui restent gravés !
« J’ai joué dans des salles blindées, mais là , c’était un stade ! »
Tu comptes en tout 91 sĂ©lections en Ă©quipe de France entre 2010 et 2017 et notamment deux mĂ©dailles d’argent aux Championnats d’Europe 2013 et 2017. Avec le recul, quel est le meilleur souvenir de ta carrière avec les Bleues ?
Je dirais les JO de Rio. C’était pour moi un rêve d’y participer et il n’y a rien qui peut décrire le fait de réaliser un rêve. J’étais dans l’état d’esprit de profiter de chaque instant et de ne pas me prendre la tête. Et cela reste un souvenir unique car je n’ai participé aux JO qu’une seule fois !

Tu as mis un terme Ă ta carrière en 2021, Ă l’âge de 31 ans. Avais-tu prĂ©parĂ© ta reconversion ? Qu’est-ce-que tu deviens aujourd’hui ?
J’ai préparé ma reconversion à partir de 2017 avec l’organisme « Trajectoire et Performance ». Je voulais commencer à m’intéresser à autre chose et essayer d’identifier ce que je voudrais faire ensuite. Cet organisme m’a beaucoup épaulée pour prendre conscience de qui j’étais, comprendre que je n’étais pas seulement une joueuse de basket et que j’avais des compétences transversales. Cela m’a énormément aidée.
J’ai arrêté ma carrière en 2021 en pensant être prête, mais on n’est jamais prêt car on ne sait pas ce qui nous attend derrière. On a beau s’être préparé, cela reste un nouveau monde. Beaucoup considèrent que j’ai arrêté trop tôt, mais j’ai arrêté au moment où j’avais besoin d’arrêter.
Malgré cette préparation en amont, j’ai quand même galéré et j’ai connu une période assez délicate. Après avoir obtenu mon master, je suis rentrée en Martinique et j’ai tenté des choses, mais je n’ai pas tout de suite trouvé chaussure à mon pied côté travail.
J’ai créé une association au sein de laquelle j’interviens pour les enfants en décrochage scolaire en utilisant le sport et le basket comme outils. J’y aide aussi les jeunes sportifs dans la préparation de leur projet sport-études. J’ai toujours voulu travailler dans le conseil et j’ai aussi créé mon entreprise d’accompagnement et de coaching avec le sport comme outil de développement pour la confiance et l’estime de soi.
Tout récemment, en novembre, j’ai décroché le poste de conseillère à la MRP, la Maison Régionale de la Performance, qui est basée à l’IMS (Institut Martiniquais du Sport). Je suis très contente car je suis au plus proche des sportifs de haut niveau de l’île. Je continue mon association et mes activités de coaching en parallèle.
Merci beaucoup Marielle pour cette interview et bonne année 2026 !
La carrière de Marielle Amant en quelques lignes :
Évoluant au poste de pivot, Marielle Amant connaît sa première sélection en équipe de France A en 2010, à l’âge de 20 ans. Elle participe aux Championnat du monde en 2010 et en 2014, où les Bleues sont éliminées à chaque fois en quarts-de-finale. En 2013, elle remporte la médaille d’argent du Championnat d’Europe avec l’équipe de France.
Lors des Jeux Olympiques de Rio 2016, elle termine 4e avec les Bleues et dispute les huit matchs du tournoi. Elle décroche une nouvelle médaille d’argent au Championnat d’Europe 2017. Au total, elle compte 91 sélections en équipe de France entre 2010 et 2017.
En club, elle porte successivement les couleurs d’Arras, de Bourges (championne de France 2012), de Nantes-Rezé, de Villeneuve-d’Ascq (vainqueur de l’Eurocoupe 2015 et championne de France 2017), de Lattes-Montpellier et de Roche Vendée. Elle met un terme à sa carrière en 2021, à l’âge de 31 ans. Aujourd’hui âgée de 36 ans, Marielle Amant travaille à la Maison Régionale de la Performance, basée à l’Institut Martiniquais du Sport, où elle accompagne les sportifs de haut-niveau de l’île.
Participation aux Jeux Olympiques de Rio 2016





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