Interview d’Eunice Barber

(athlétisme)

Cette semaine, c’est Eunice Barber qui a accepté d’accorder un entretien exclusif à interviewsport.fr. Avec deux titres de Championne du monde, deux médailles d’argent et une médaille de bronze obtenus aux Championnats du monde, que ce soit en heptathlon ou en saut en longueur, elle est l’une des athlètes les plus médaillées de l’histoire. Dans cet entretien, elle revient sur cette carrière riche et sur un nouveau challenge qui pourrait lui plaire : le bobsleigh aux JO d’hiver, l’année prochaine !

Eunice, vous avez obtenu de nombreuses médailles aux Championnats du monde, que ce soit en heptathlon ou en saut en longueur (deux médailles d’or, deux d’argent et une de bronze)… Quelle est celle qui vous a donné le plus d’émotion ?

« Je pense que les émotions et les situations sont différentes et que c’est très difficile de dire que telle ou telle médaille m’a procuré plus d’émotions que les autres. Mais ce qui est sûr, c’est que j’ai apprécié autant les unes et les autres. Il y a 2005, à Helsinki, de par la situation qui était très contraignante et ça, ça m’a donné une autre façon de voir la vie et d’affronter la difficulté psychologique. 2003, c’est sûr, c’est énorme, c’est devant le public français et c’est aussi très important. Et il y a 1999, qui est ma première médaille. Voilà, j’apprécie autant toutes ces médailles. »

Malgré ce très beau palmarès, vous n’avez pas décroché de médaille olympique… Est-ce la plus grande frustration de votre carrière ?

« Non, je n’ai pas de frustration. J’ai été cinquième des Jeux Olympiques en 1996 pour la Sierra Leone… On ne peut pas tout avoir. J’ai la sensation que j’ai toujours tout donné à chaque fois que je suis allée aux JO et bon, cela n’a pas été ma chance, c’est comme ça, mais il n’y a pas de frustration chez moi. Il faut avancer dans la vie. »

Vos duels acharnés en heptathlon avec Carolina Klüft restent dans toutes les mémoires… Quels sont vos rapports avec Carolina ?

« C’est du respect. C’est le sport de toute façon, je la respecte, tout comme je respecte les autres athlètes. Mais sinon, ce n’est pas mon amie : on ne s’est rencontré qu’en compétitions, et en dehors des compétitions, on s’est pas rencontré. Donc voilà, c’est du respect que j’ai pour elle comme pour toutes les athlètes, grandes ou petites. »

Aujourd’hui, il est question que vous intégriez l’équipe de France de bobsleigh pour les Jeux Olympiques d’hiver de Vancouver l’année prochaine. Comment vous est venue cette envie ?

« Ce n’est pas une question d’envie qui vient, mais c’est une question de saisir les opportunités que l’on rencontre. Je ne me suis jamais dit que je n’étais faite que pour faire du sport ou que pour faire ceci ou cela. Je pense que je suis capable de devenir quelqu’un d’autre dans un autre milieu, comme dans le bobsleigh. On m’a proposé de faire du bobsleigh et j’ai essayé car je ne suis pas quelqu’un qui est renfermée. Et après, dans la tête, c’est des challenges : on fixe des challenges, on ne se braque pas, et après on va les faire, et moi comme j’ai un état d’esprit de gagnante et de challenges du coup j’ai accepté dans un premier temps. Mais pour l’instant, tous les critères sont pas rassemblés, en particulier les miens, pour que je puisse intégrer l’équipe de France de bobsleigh. »

Cette participation est-elle en bonne voie ? A quoi cela tient-il maintenant ?

« Les décisions se prennent mutuellement avec le club et la fédération, et il n’y a rien d’officiel avec la fédération, du coup je ne suis pas encore intégrée dans l’équipe de bobsleigh. »

Pour finir, avez-vous commencé à avoir des idées de reconversion ?

« Après ma carrière d’athlète, je voudrais être femme d’affaires, faire d’autres choses. On m’a proposé aussi de coacher aux Etats-Unis après ma carrière. Mon coach pense que je pourrais le faire et c’est donc une porte qui est ouverte. A cela s’ajoute le business que je suis en train de mettre en place, plus une fondation dont j’aimerais bien m’occuper parce-que je pense que j’ai un devoir envers les jeunes de ma communauté, pour les aider. »

Merci beaucoup Eunice pour votre disponibilité et bonne chance pour vos prochains challenges !

Remerciements aussi au club d’athlétisme de l’EFSRA.

La carrière d’Eunice Barber en quelques lignes :

Eunice Barber commence sa carrière en défendant les couleurs de la Sierra Leone, pays où elle est née. Elle participe ainsi aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992, aux Championnats du monde de 1995, où elle termine 4e de l’heptathlon, et aux Jeux Olympiques d’Atlanta, où elle se classe 5e.

En 1999, elle obtient la nationalité française et devient Championne du monde d’heptathlon, à Séville. Lors des JO de Sydney l’année suivante, elle est contrainte à l’abandon.

Les exploits d’Eunice en 2003 restent dans les mémoires de nombreux Français : aux Championnats du monde, disputés à Paris, elle obtient la médaille d’argent à l’heptathlon (derrière Carolina Klüft) ainsi que la médaille d’or au saut en longueur. Deux années plus tard, elle décroche de nouveau une médaille d’argent aux Championnats du monde en heptathlon, et une médaille de bronze à la longueur.

La suite de sa carrière est un peu plus compliquée, du fait notamment de blessures. Alors qu’elle approche de ses 35 ans, Eunice Barber pourrait trouver un nouveau challenge dans le bobsleigh et participer aux Jeux Olympiques d’hiver, disputés l’année prochaine à Vancouver.

Pour en savoir plus sur Eunice, visitez son site officiel : barber-eunice.com