Interview de Morgane Ribout

(judo)

A 22 ans, Morgane Ribout a déjà parfaitement lancé sa carrière, en remportant l’année dernière une médaille de bronze aux Championnats d’Europe et surtout la médaille d’or des Championnats du monde. Alors que le Tournoi de Paris se dispute ce week-end, la nouvelle star du judo français revient sur ce début de carrière tonitruant pour interviewsport.fr.

Morgane, tu as participé pour la première fois à un Championnat international sénior en équipe de France lors des Championnats d’Europe en avril 2009… Quels souvenirs gardes-tu de cette grande première ?

« J’en garde un très bon souvenir parce-que j’étais vraiment à l’aise et bien ce jour-là, et puis forcément c’était ma première médaille en Championnat d’Europe ! Il y a toujours plus d’émotion dans un Championnat que dans un tournoi car ça a une valeur sûre : c’est vraiment quelque chose de concret, donc j’ai ressenti un peu plus d’émotion ! »

Puis tu es devenue Championne du monde en août dernier… Sur le moment, as-tu vraiment réalisé ?

« Non, non. On ne réalise pas sur le moment. On réalise juste par l’émotion. Mais en réalité, on s’en rend compte au moins un mois après. On n’a pas le temps de réfléchir à ça tout de suite. On a beaucoup de sollicitations, donc on n’a pas vraiment le temps de réaliser ! »

Avec ce titre mondial, sens-tu tes adversaires plus motivés pour te battre ?

« Je pense qu’elles sont toujours motivées, que ce soit contre moi ou contre quelqu’un d’autre, mais elles sont peut-être plus stressées et ça donne certainement plus d’intensité au combat et au tournoi. »

Cette médaille d’or a-t’elle changé ton quotidien, sur et en dehors des tatamis ?

« Sur certaines choses oui, notamment sur les sollicitations. Financièrement aussi, ça a augmenté légèrement mon niveau de vie. C’est sûr qu’après une médaille aux Championnats du monde, on a des primes, des récompenses, donc ça c’est bien ! Après, sur le tapis, absolument pas : c’est quelque chose au contraire qui ne doit pas changer, il faut continuer à s’entraîner. »

Peux-tu nous décrire une journée type ?

« Je me lève vers 9 heures du matin, je déjeune et je vais à l’entraînement pour 10 heures. A midi, je sors de l’entraînement. Je rentre, je me douche, je mange et je fais une petite sieste l’après-midi. Ensuite, je commence à me préparer à 16 heures, j’ai entraînement à 17 heures à 19 heures. Je rentre, je mange, je regarde un film et je vais me coucher ! »

Désormais, tu vas être plus attendue, et j’imagine que tout le monde te parle déjà des Jeux Olympiques de Londres, en 2012… Cette pression et ce nouveau statut, n’est-ce pas difficile à gérer ?

« C’est au fur et à mesure qu’on va réussir à se caler, à trouver la bonne attitude et tout ça. Par exemple là, j’ai fait deux compétitions : le Japon et la Corée. Au Japon, ça s’est bien passé, et en Corée, pas du tout… Aujourd’hui, je ne sais pas te dire. Ce qui est sûr, c’est que c’est différent à gérer. »

Pour finir, quels sont tes prochains objectifs ?

« A court terme, ça va être chaque saison en son temps. Donc les Championnats d’Europe et les Championnats du monde, en ajoutant les tournois qui vont permettre de participer à ces Championnats. Je vais faire le mieux le plus possible, et puis à long terme ce sera bien sûr les Jeux Olympiques à Londres, en 2012 ! »

Merci beaucoup Morgane et bonne chance pour les prochaines compétitions !

Remerciements aussi à Camille Rousseaux pour son aide précieuse.

La carrière de Morgane Ribout en quelques lignes :

Evoluant dans la catégorie des -57 kg, Morgane Ribout remporte en 2007 la médaille de bronze lors des Championnats d’Europe espoirs. Cette même année, elle est remplaçante de Barbara Harel lors des Championnats du monde.

C’est en 2009 qu’elle se fait connaître du grand public. Deuxième du Tournoi de Paris, elle participe et obtient la médaille de bronze lors des Championnats d’Europe. En août, elle devient Championne du monde des -57 kg à Rotterdam, pour sa première participation à cette compétition. Aujourd’hui âgée de 22 ans, Morgane Ribout est l’une des chefs de file de l’équipe de France de judo et cherchera à confirmer dès cette année ses excellents résultats de l’année dernière.