Interview de Tamara Horacek

(handball)

En août dernier, Tamara Horacek est devenue vice-championne Olympique aux Jeux de Rio avec l’équipe de France. Dimanche dernier, elle a décroché la médaille de bronze du Championnat d’Europe. Nous l’avons rencontrée à son retour en France, afin de revenir sur son excellente année 2016.

Tamara, ton année 2016 a été marquée par ta première sélection en équipe de France, une médaille d’argent aux Jeux Olympiques de Rio, et désormais une médaille de bronze au Championnat d’Europe. Réalises-tu tout ce qui s’est passé pour toi cette année ?

J’ai eu du mal à réaliser pour la médaille Olympique. Il a fallu un peu de temps, deux ou trois mois. Je pense que j’aurais encore besoin de temps pour réaliser cette médaille de bronze et tout ce qui m’est arrivé pendant l’année 2016. Cette année m’a beaucoup apporté aux niveaux handball et  humain.

Tu as peu joué lors de ce Championnat d’Europe, mais on imagine que tu apprends beaucoup en participant à une telle compétition ?

Je pense que le Championnat d’Europe est la compétition la plus difficile et la plus complète, notamment au niveau de l’impact physique. Même si j’ai peu joué, j’ai beaucoup appris. C’est encourageant. Ça me donne envie d’encore plus travailler et de devenir meilleure.

Tu as été sélectionnée pour les Jeux Olympiques de Rio en tant que remplaçante, et tu as intégré le groupe juste avant la finale suite à la blessure de Chloé Bulleux. A quel moment as-tu appris que tu intégrais le groupe pour la finale ?

Je l’ai appris la veille de la finale, l’après-midi. J’étais allée voir le préparateur physique et Olivier (Krumbholz) était là. Il m’a dit : « Il faut que je te parle ». J’ai pensé : « Oulah, qu’est-ce-qui se passe ? ». Quand il m’a annoncé que j’intégrais le groupe pour la finale, je lui ai dit : « Je ne sais pas quoi vous dire. Je ne sais pas si je dois vous remercier ou pas ! ». J’étais étonnée dans le bon sens. Quelques mois auparavant, je n’imaginais pas partir aux Jeux. Y aller en tant que remplaçante était déjà énorme, mais jouer une finale, c’était magique !

Tu as réussi à bien dormir cette nuit-là, juste avant la finale ?

Oui, j’ai réussi à bien dormir. Je n’étais pas trop stressée. Je n’avais qu’une hâte, c’était d’être au moment du match et de chanter la Marseillaise !

Ce rôle de remplaçante durant la compétition a-t-il été parfois difficile à vivre ?

Pour moi, ce n’était pas si difficile que ça. On apprend tous les jours. Même si je ne jouais pas, je pouvais travailler d’autres points, par exemple la condition physique. Ça m’a beaucoup apporté et j’ai progressé dans plusieurs domaines. Je m’en suis rendue compte lors de mon retour à Metz en début de saison. J’ai pris du plaisir, même en tant que quinzième joueuse !

Raconte-nous un peu comment tu as vécu cette finale Olympique, notamment le moment où tu es entrée sur le terrain. As-tu réussi à maitriser tes émotions et la pression ?

Ce n’était pas évident ! Je me suis rendue compte que je jouais une finale Olympique quand il y a eu la Marseillaise. J’avais la pression mais Olivier m’a dit : « Tu prends la balle en courant et si tu peux tirer, tu le fais ! ». Je me rappelle du moment où on est entrées sur le terrain : la salle était pleine, c’était magique !

De façon plus globale, quels souvenirs gardes-tu de ces Jeux Olympiques de Rio ?

Le plus beau souvenir est la médaille Olympique. Je garde aussi en mémoire les connaissances que l’on a pu avoir en tant que sportif. Je trouve que c’est génial de connaître et d’échanger avec d’autres sportifs. On a des difficultés dans notre sport, mais ils en ont d’autres dans le leur. C’est bien de connaître ça. Humainement, c’est une aventure qui forge et qui te donne envie de continuer à travailler. C’est mon rêve d’y aller tous les quatre ans.

Tu es jeune et le prochain Championnat d’Europe aura lieu en 2018, en France. Est-ce une compétition à laquelle tu penses déjà ?

Je ne me projette pas trop dans l’avenir. Mais oui, j’y pense quand même. Avant, il y a le Mondial 2017. Comme je suis jeune, je dois encore beaucoup travailler. J’ai beaucoup à apprendre. On verra au moment venu ce que ça donnera !

Merci beaucoup Tamara et bravo pour cette médaille au Championnat d’Europe !

Crédits photos : FFHandball / S. Pillaud

La carrière de Tamara Horacek en quelques lignes :

Evoluant au poste d’arrière, Tamara Horacek débute sa carrière lors de la saison 2013-2014 avec Metz, avec qui elle remporte le Championnat de France en 2014 et en 2016.

En juin 2016, elle connaît sa première sélection en équipe de France. Elle est ensuite sélectionnée en tant que remplaçante pour les Jeux Olympiques de Rio. Suite à la blessure de sa coéquipière Chloé Bulleux, elle intègre le groupe la veille de la finale, dont elle dispute quelques minutes. Elle devient ainsi vice-championne Olympique.

En décembre 2016, elle est sélectionnée pour le Championnat d’Europe et remporte la médaille de bronze. Tamara Horacek est aujourd’hui âgée de 21 ans.