Interview de Teddy Tinmar

(athlétisme)

Médaillé aux Championnats du monde 2011 et aux Championnats d’Europe 2014, Teddy Tinmar est l’un des hommes forts du relais 4×100 m français. A quelques mois des Jeux Olympiques de Rio, il a répondu à nos questions.

Teddy, tu as remporté la médaille d’argent du relais 4×100 m aux Championnats du monde de Daegu en 2011. C’était comme un conte de fée pour toi, qui n’avait commencé l’athlétisme que quatre ans auparavant ?

C’est un rêve qui est devenu réalité. On s’était préparés pour ça. Pendant deux semaines, on nous avait laissés comme des lions en cage à Daegu, à s’entraîner, s’entraîner, s’entraîner… Donc à la fin, il fallait bien que ça claque ! On y croyait et on a vu le résultat !

Il s’agissait de ta première grande finale. Raconte-nous comment tu as vécu cette finale de l’intérieur ?

Beaucoup de pays ont essayé de me déstabiliser, comme Saint-Kitts et Nevis (avec Kim Collins). Les Jamaïcains et les Allemands ont aussi essayé. On nous disait : « les Français, qu’est-ce-que vous faites là ? ». Les chambres d’appel, c’est sympa (rires) ! Mais nous étions vraiment dans notre course. Je pense qu’ils ont été choqués du résultat !

En 2012, tu n’as pas pu participer aux Jeux Olympiques de Londres. Cela a-t-il été difficile à digérer ?

J’ai été retenu pour le relais des Jeux Olympiques, mais je me suis blessé trois semaines avant de partir : je me suis claqué en sortant du virage du 200 mètres lors d’un meeting à Elancourt, dans les Yvelines. Il y avait beaucoup d’émotions. Je me disais que si j’arrivais à faire une Olympiade au bout de quatre ans de pratique, c’était l’extase ! Du coup, maintenant, je vise Rio !

Aux Championnats d’Europe 2014, tu as remporté la médaille de bronze avec le relais. Considères-tu que cette deuxième médaille a été plus difficile à aller chercher que la première ?

Oui, c’était plus dur parce que je revenais de blessure. Je me suis battu toute l’année pour être en forme lors de l’été 2014. Par contre, je pense que le combat était moins dur aux Championnats d’Europe qu’aux Championnats du monde. On avait plus la hargne aux Mondiaux qu’aux Championnats d’Europe. Il manquait aussi de forts potentiels dans l’équipe, ce qui a joué.

Lors de tes deux médailles en relais, tu as une fois été le premier relayeur et une fois le troisième relayeur. Quelle est la place que tu préfères et comment l’ordre des relayeurs est-il choisi ?

Je préfère le départ parce que c’est là où je suis le plus fort en virage. Mais ce sont les coachs qui décident. On peut donner notre avis, mais ils choisissent en fonction des chronos pris à l’entraînement. On est testés et ils font leur composition d’équipe en fonction de ça.

Tu as remporté avec la France en mai 2015 la médaille d’argent du 4×200 m aux Mondiaux de relais à Nassau. Cette discipline étant assez rarement disputée, quelle valeur accordes-tu à cette médaille ?

C’est une deuxième médaille mondiale et c’est reconnu. C’est une fierté et une nouvelle ligne à mon palmarès, même si ça n’existe pas aux Jeux Olympiques. Vivre ça là-bas était grandiose parce qu’il y a de l’ambiance sur tous les relais, quelle que soit la discipline !

Tu as commencé l’athlétisme tard, à l’âge de 21 ans. Te dis-tu parfois que si tu avais commencé plus tôt, tu aurais pu avoir des résultats encore meilleurs ?

Beaucoup de personnes m’ont dit ça. Mais mon ancien coach me disait : « en athlétisme, il n’y a pas d’âge, c’est l’envie qui compte ». Ce qui devient plus dur quand on vieillit, ce sont les blessures. Il faut donc faire attention. Mais je suis content d’avoir commencé à 21 ans.

La France a une grande tradition de relais. Raconte-nous un peu comment se passe la préparation des relais au cours de l’année ?

On a plusieurs rassemblements, qui sont décidés par les coachs. Je pense qu’il va y en avoir beaucoup plus avant les Jeux Olympiques car ils veulent bien les préparer et ils savent qu’on est potentiellement médaillables. On va donc être beaucoup plus sollicités cette année.

Il y a généralement trois rassemblements par an. Ce qui est dur, c’est la préparation individuelle et la préparation collective : il faut gérer les deux au mieux afin de ne pas être trop pénalisé.

Cet été auront lieu les Jeux Olympiques de Rio. Ton objectif est d’être retenu dans le relais ou bien tu vises aussi un ticket en individuel ?

Je vise une qualification sur 200 m en individuel et aussi une participation au relais. Je veux être qualifié sur les deux épreuves !

Merci beaucoup Teddy et bonne année 2016 !

La carrière de Teddy Tinmar en quelques lignes :

Spécialiste du sprint, Teddy Tinmar débute l’athlétisme à 21 ans. Deux ans plus tard, en 2010, il participe au 60 m des Championnats du monde en salle de Doha (Qatar).

En 2011, il remporte la médaille d’argent du relais 4×100 m aux Championnats du monde de Daegu (Corée du Sud). En finale, il est le premier relayeur et fait équipe avec Christophe Lemaître, Yannick Lesourd et Jimmy Vicaut. Un an plus tard, il doit malheureusement déclarer forfait pour les Jeux Olympiques de Londres à cause d’une blessure.

En 2014, il remporte une nouvelle médaille en relais 4×100 m avec le bronze des Championnats d’Europe de Zurich. En 2015, lors des Relais Mondiaux, il devient vice-champion du monde du relais 4×200 m. Aujourd’hui âgé de 28 ans, Teddy Tinmar va tenter de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Rio.