Capitaine de l’Ă©quipe de France de hockey sur gazon, François Goyet a participĂ© Ă la Coupe du monde en 2018 et en 2023, ainsi qu’aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Quatrième du Championnat d’Europe 2025, il vise une nouvelle performance avec les Bleus lors de la Coupe du monde qui se tiendra en aoĂ»t.

François, tu as participé à la Coupe du monde 2018 en Inde, où la France a atteint les quarts-de-finale. Quels souvenirs gardes-tu de cette compétition, qui a eu lieu dans une grande ferveur ?
C’est l’un de mes meilleurs souvenirs. Cela faisait plus de 30 ans que la France n’avait plus participé à la Coupe du monde. C’était génial d’une part de s’y être qualifiés et d’autre part de la jouer en Inde, le pays où il y a le plus de ferveur. Tous les Indiens sont fans de hockey ! On est partis de Roissy inconnus en France et on a été accueillis comme des rockstars quand on est arrivés en Inde.
Le souvenir est d’autant plus dingue qu’on a réussi un résultat historique en atteignant les quarts-de-finale avant d’être éliminés par l’Australie. On a notamment battu en poule les champions Olympiques en titre, l’Argentine.
Tu as participé aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Peux-tu nous raconter comment tu as vécu le premier match devant le public français ?
Entrer sur le terrain lors du premier match contre l’Allemagne, un cador, était un moment assez fou. On avait eu beau s’imaginer l’événement, il y a eu beaucoup d’émotions une fois qu’on a été sur le terrain à Paris, devant nos familles et nos amis. Les tribunes étaient combles. On avait vécu des matches devant 15 000 personnes en Inde, mais c’était la première fois en France. Ça n’a pas très bien commencé car on a pris un but au bout de moins de 20 secondes. C’était tout de suite moins drôle !
« On ne pouvait pas imaginer ce degré de ferveur »
L’équipe de France a été éliminée au premier tour, après un match nul et quatre défaites. Qu’a-t-il manqué à l’équipe pour atteindre les quarts-de-finale selon toi ?
C’est un peu bateau de dire ça, mais il a manqué un ensemble de choses. Ce n’était pas uniquement technique ou tactique. La préparation n’a pas été idéale. Il y a eu pas mal de remous au sein de l’équipe. On voulait tous gagner, il n’y a pas de doute, mais il n’y avait pas ce supplément d’âme dans les moments où on était dans le dur, quand il fallait marquer un but ou tenir un résultat. Il a manqué ce petit degré de solidarité. On n’a pas réussi à passer les poules, même si ça ne s’est pas joué à grand-chose : on aurait pu passer avec un but de plus.

Mis à part la compétition, quels souvenirs gardes-tu de ces Jeux Olympiques ?
À part le sportif, tout était incroyable. On ne pouvait pas imaginer ce degré de ferveur. L’entrée au Village Olympique m’a marqué. Quand on est fan de sport, côtoyer des athlètes qu’on ne voit qu’à la télé est génial. On se sentait sur le même plan qu’eux : on avait la même accréditation Olympique. La cérémonie d’ouverture a eu lieu sous la pluie, mais c’était quand même très sympa de voir tous les Parisiens sur les rives de la Seine. J’ai beaucoup apprécié la grande cantine, le fait de déambuler dans le Village et de voir tous mes athlètes préférés, d’aller au stade en bus et d’être encadrés par de nombreux policiers… Les gens étaient heureux de nous voir et de voir du sport. Toute la période Olympique était une période hors du temps. C’est passé en un claquement de doigts !
Avec le recul, quel impact ont eu ces Jeux Olympiques de Paris sur le hockey en France ?
On en espérait davantage. On souhaitait que Paris 2024 entraîne un boom pour notre sport car de nombreuses personnes y ont découvert le hockey un peu par hasard et ont adoré. Mais je ne suis pas certain que ça ait eu un impact sur le nombre de licences. Le fait que les deux équipes de France n’aient pas passé les poules n’a pas aidé à entraîner une augmentation significative du nombre de licenciés. On a un super stade et de superbes infrastructures à Colombes, mais on n’en profite pas assez. La Fédération y a installé ses bureaux, mais on n’arrive pas à créer une vraie émulation là -bas.
« Je ne vois pas le brassard comme quelque chose qui doit changer le rôle de quelqu’un »
En 2025, l’équipe de France a terminé quatrième du Championnat d’Europe, ce qui constitue le meilleur résultat de l’équipe depuis 1970. Comment l’équipe a-t-elle réussi à se remettre de la déception des Jeux de Paris pour atteindre un tel résultat un an plus tard ?
Il y a eu le début d’un nouveau cycle. L’équipe a été renouvelée. Pas mal d’ « anciens » ont arrêté et ont laissé la place à une nouvelle génération, qui est très talentueuse. L’équipe de France obtient de très bons résultats en catégories de jeunes. On a eu un nouveau staff et une nouvelle expertise qui ont amené un vent de fraîcheur. Lors de cette compétition, on a senti qu’on était soudés autour d’un seul et même objectif. On savait qu’on était moins forts que les grosses nations. Notre qualification en demi-finale s’est jouée sur un but à la dernière seconde ! Cette nouvelle solidarité dans l’équipe nous a permis d’atteindre un tel résultat.

Tu es désormais le capitaine de l’équipe de France. Qu’est-ce que cela change dans ta préparation des matches et dans ton rôle sur le terrain ?
Je ne vois pas le brassard comme quelque chose qui doit changer le rôle de quelqu’un. Si on a quelque chose à dire, on le dit, qu’on ait le brassard ou pas. Il y a des leaders de terrain et des leaders de vestiaire. Je ne sais pas comment je me positionne, mais je n’en fais pas une montagne dans ma tête. Bien sûr, le brassard donne un poids en plus à mon message auprès des autres joueurs. Je suis de nature un peu timide, et le fait d’avoir le brassard m’aide à mettre des mots sur ce que je ressens et ce que je dois partager avec l’équipe. Mais je ne veux pas que cela change mon approche d’un match ou d’une compétition. Je me mets au même rang que les autres.
L’équipe de France s’est qualifiée pour la Coupe du monde 2026, qui aura lieu en août. Comment va se passer la préparation et quels sont les objectifs de l’équipe pour cette compétition ?
Ça a été dur de se qualifier car on a joué contre des équipes de notre niveau. On arrive à défendre fort contre des grosses équipes mais on a plus de mal à performer contre les plus petites équipes. On est ravis de participer à cette Coupe du monde, qui va avoir lieu en Belgique et aux Pays-Bas. C’est à côté et il va y avoir du monde.
On ne s’est pas encore fixé les objectifs en équipe, mais on souhaite bien sûr sortir des poules. Pour cela, il faudra performer et réaliser au moins un exploit. On est dans une poule relevée avec la Malaisie, qui est à notre niveau, ainsi que la Belgique et l’Allemagne, qui sont deux cadors du hockey mondial. Le match d’ouverture aura lieu contre la Belgique, dans une ambiance assez dingue. On va tout mettre en œuvre pour gagner chaque match.
On a un tournoi en Afrique du Sud ce mois-ci pour se préparer. On a tous les éléments entre nos mains pour arriver prêts et performer dans cette Coupe du monde !
Merci beaucoup François et bonne chance pour la Coupe du monde cet été !
La carrière de François Goyet en quelques lignes :
Evoluant au poste de milieu de terrain, François Goyet connaît sa première sélection en équipe de France en 2014. En 2018, il dispute la Coupe du monde et la France atteint les quarts-de-finale. En 2023, il est éliminé en 8e de finale de la Coupe du monde et se classe 5e du Championnat d’Europe avec les Bleus.
Il est sélectionné pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Pour sa première participation depuis 1972, la France est éliminée au premier tour après un match nul et quatre défaites. Il devient ensuite capitaine de l’équipe de France, avec laquelle il prend la 4e place du Championnat d’Europe 2025. En 2026, il est désigné meilleur joueur du tournoi de qualification à la Coupe du monde, où la France décroche son ticket.
En club, il évolue successivement au Saint-Germain Hockey Club puis à la Gantoise en Belgique (champion de Belgique 2023 et 2024), avant de revenir au Saint-Germain Hockey Club, dont il est actuellement le capitaine. Aujourd’hui âgé de 31 ans, François Goyet compte 174 sélections en équipe de France.
Participation aux Jeux Olympiques de Paris 2024





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