Interview d’Astier Nicolas

(équitation)

Astier Nicolas est un jeune cavalier évoluant en concours complet. Il faisait partie de la pré-sélection française pour les Jeux Olympiques de Londres. Finalement non retenu dans la sélection définitive pour Londres, il est l’un des cavaliers à suivre dans le futur.

Astier, tu évolues en concours complet. Qu’est-ce-qui t’a poussé à faire cette discipline en particulier ?

Ma coach dans le poney club où j’ai commencé m’a poussé vers cette discipline qu’elle affectionne particulièrement. Elle m’a transmis le virus et je n’ai ensuite pas pu me diriger vers autre chose ! J’ai aussi essayé un peu la course hippique avec elle et j’ai beaucoup aimé, mais toutes les sensations fortes procurées par le cross, la course et la vitesse m’ont plu le plus. C’est pour cela que je suis resté en concours complet.

Tu es pré-sélectionné pour les Jeux Olympiques de Londres. Dans quel état d’esprit es-tu : ressens-tu de la joie ou bien plutôt beaucoup de stress ? (l’interview a eu lieu avant que l’on apprenne qu’Astier Nicolas ne fait pas partie de la sélection française pour les JO, ndlr)

C’est surtout une grande joie. Maintenant que le programme des concours est de plus en plus précis, que je sais ce que je dois faire avec mon cheval et que je me rends compte des difficultés pour y arriver, j’ai forcément un peu pression, mais pas tant que ça. J’en aurais plus au moment de faire les Jeux si j’y vais !

En cas de sélection pour les JO de Londres, quels y seraient tes objectifs ? S’agirait-il surtout de préparer les Jeux Olympiques de 2016 ?

Je ne pense pas qu’on puisse se permettre d’aller aux Jeux pour s’entraîner. Si j’y vais, c’est pour essayer de gagner. Ce sera très dur, voire impossible, mais il faut se tirer vers le haut ! Au niveau des places, si je pouvais faire un top 15, ce serait vraiment très bien !

Le titre olympique par équipe remporté en concours complet par la France aux JO d’Athènes de 2004 t’ajoute-t-il de la motivation ?

Pas spécialement ce titre-là, notamment à cause de l’histoire qu’il y a eu : une Allemande a coupé deux fois le départ au saut d’obstacles. Elle et son équipe étaient en tête et en faisant ça, elle a déclenché le chronomètre et a pris 23 points de temps dépassé. Il y a eu beaucoup de polémiques autour de ça et les Allemands ont posé réclamation pour que ça ne compte pas : soit elle et son équipe étaient dans les profondeurs du classement, soit ils étaient tous champions olympiques. Il s’est trouvé que la justice était que ce soit la France qui gagne, mais c’est une victoire qui a été entachée par ce scandale. Donc ce n’est pas celle qui me fait le plus vibrer.

Par contre, quand je vois Nicolas Touzaint qui gagne Badminton en 2008, c’est quelque chose de très fort. C’est une épreuve qu’aucun Français n’avait gagnée auparavant et même aucun Européen continental à part un Suisse en 1951. C’est une épreuve mythique, c’est l’épreuve de concours complet par excellence. C’est plus ça qui me fait référence !

Tu es un jeune cavalier. Ne crains-tu pas que les JO de Londres soient un peu tôt pour espérer réellement y briller ?

Non. Si j’y vais, ce qui n’est pas du tout gagné, c’est parce que je serais capable d’y briller.

Quel est pour l’instant le meilleur souvenir de ta jeune carrière ?

Je dirais que c’est ma quatrième place à la Coupe du monde de Chatsworth l’an dernier. Il y avait un cross particulièrement dur. J’avais 27 secondes de temps dépassé et j’étais le plus rapide de l’épreuve. Ça n’arrive jamais d’habitude car il y a toujours quelqu’un qui rentre dans le temps. Le second plus rapide avait une minute de temps dépassé. C’était un cross très excitant !

Peux-tu nous décrire une semaine type d’entraînement ?

Avec les chevaux, c’est assez dur à dire car ce sont des êtres vivants et on adapte vraiment selon comment ils se sentent. Pour essayer de donner un modèle type qui n’est pas forcément la parfaite réalité, on va dire que je sors mes chevaux de haut niveau deux fois par jour pour qu’ils bougent au maximum. C’est très important pour eux d’un point de vue santé et pour qu’ils aient un peu plus de condition. On va faire quatre à cinq fois par semaine un travail de condition physique. On les entraîne au galop une fois, par exemple dans des montées pour faire monter le cœur. Le reste du temps, on fait des trottings. On va aller trotter dans la campagne environnante et plus il y a de dénivelé, mieux c’est pour leur condition. Cela est accompagné dans la journée par du travail sur le plat, c’est-à-dire du dressage. On saute environ une fois par semaine.

Par semaine, on va donc faire environ trois trottings et un galop, trois ou quatre travaux sur le plat et un saut d’obstacles. Il y a un jour de repos. Ça fait que le cheval travaille environ 1h45 par jour s’il fait ses deux sorties.

Et au niveau de ta condition physique personnelle ?

Le travail que je fournis à l’écurie du matin au soir est partiellement suffisant. J’affute avant les grosses épreuves en allant courir, en faisant du sprint dans les montées et en faisant un peu de musculation. Mais pour la plupart des épreuves, la journée de 7h du matin à 8h du soir sans interruption est suffisante !

Merci beaucoup Astier et bonne chance pour la suite de ta carrière !

Crédit photos : FEI Careman (photo 1)

La carrière d’Astier Nicolas en quelques lignes :

Astier Nicolas fait du concours complet. A 15 ans, il intègre l’équipe de France de concours complet poney.

Il participe ensuite pendant six années consécutives comme membre de l’équipe de France aux Championnats d’Europe de concours complet poney, junior et jeune cavalier. Il obtient deux médailles de bronze par équipe et une d’argent en individuel. En 2011, il intègre la catégorie senior et devient cavalier professionnel.

En 2012, à seulement 23 ans,  il fait partie de la pré-sélection pour les Jeux Olympiques de Londres avec son cheval Jhakti du Janlie. Il n’est cependant pas sélectionné dans la liste définitive des cavaliers qui se rendront aux JO.

Pour en savoir plus sur Astier, visitez son site officiel : www.astier-nicolas.com