Interview de Sébastien de Chaunac

(tennis)

Alors que la saison de tennis approche de la fin, Sébastien de Chaunac a accepté de répondre aux questions d’interviewsport.fr. L’occasion de mieux connaître l’actuel 144e joueur mondial, qui a atteint le deuxième tour de l’Open d’Australie cette année. Entretien.

Sébastien, quel regard portes-tu sur ta saison, même si elle n’est pas tout à fait finie ?

« Même si la saison n’est pas encore terminée, j’en suis aujourd’hui très satisfait. J’ai atteint le meilleur classement de ma carrière (140e) et réalisé quelques performances qui font partie des plus belles de ma carrière, que ce soit à l’Open d’Australie où je me suis qualifié et ai passé le premier tour, à l’ATP 250 de Johannesburg où j’ai atteint les quarts de finale après être sorti des qualifications ou encore à l’ATP 500 de Washington où j’ai battu pour la première fois de ma carrière deux joueurs du top 100 dans le même tournoi. »

Quelle est la surface de terrain que tu préfères ?

« La surface sur laquelle je suis le plus à l’aise est le dur. C’est là que j’obtiens mes meilleurs résultats depuis quelques années. »

Tu es sur le circuit professionnel depuis plus de dix ans… Quel est pour l’instant le meilleur souvenir de ta carrière ?

« Le meilleur souvenir de ma carrière remonte à Roland Garros 2002, quand j’avais battu Michael Chang au premier tour du tableau final. Battre un ancien vainqueur du tournoi (resté dans les mémoires pour son match en huitième de finale contre Lendl en 1989) en cinq sets après avoir été mené deux sets à zéro devant ma famille et mes amis à Roland Garros, le tournoi qui compte le plus pour nous, joueurs français, c’est incroyable ! »

Tu as été classé au-delà de la 200e place mondiale pendant plusieurs années… Est-ce que ce classement te permettait de vivre sans problème du tennis, ou alors devais-tu parfois faire des économies lors de tes déplacements ?

« Le moment le plus dur a été de revenir après ma rupture du tendon d’Achille en 2006. Je repartais de zéro et ne gagnais quasiment pas d’argent. J’ai eu la chance d’avoir un sponsor à ce moment-là. Les joueurs de tennis sont livrés à eux-mêmes et ne reçoivent aucune aide de la FFT (Fédération Française de Tennis, ndlr), par exemple. Nous sommes en permanence dans une logique d’investissement et de réinvestissement de nos gains. En plus de ça, nous sommes payés en fonction de nos résultats, au variable et sans rentrées fixes, ça devient parfois difficile. Je dirais qu’un joueur français autour de la 200e place mondiale s’en sort mais ne vit pas du tout comme un prince. Loin en tout cas des meilleurs qui gagnent des fortunes. Le tennis véhicule une image de sport de riches mais ce n’est qu’une infime partie qui s’en met plein les poches alors que beaucoup sont limites pour s’en sortir. Mais quel plaisir de pouvoir vivre de sa passion ! »

Tu es actuellement 144e joueur mondial, soit au niveau du meilleur classement de ta carrière… Ce classement en progression te donne-t-il envie de continuer ta carrière plusieurs années encore ?

« Le fait de réaliser une telle saison, complètement inattendue, me fait réfléchir car 2009 devait être ma dernière saison sur le circuit. Je n’ai pas encore pris de décision pour la suite de ma carrière mais il est clair qu’atteindre mon meilleur classement à 32 ans me donne envie de pourquoi pas aller voir plus haut ? Réponse dans quelques semaines… »

Merci beaucoup Sébastien d’avoir répondu à ces questions !

La carrière de Sébastien de Chaunac en quelques lignes :

Sébastien de Chaunac dispute son premier tournoi du Grand Chelem en 2001, à l’US Open : il est éliminé au premier tour par Marat Safin. L’année suivante, il passe le premier tour de Roland-Garros en battant l’ancien vainqueur Michael Chang en cinq sets. En 2004, il participe aussi à l’Open d’Australie.

L’année 2009 est très positive pour Sébastien qui y atteint le meilleur classement de sa carrière, soit la 140e place. Qualifié pour l’Open d’Australie, il passe le premier tour avant de s’incliner contre James Blake. Aujourd’hui âgé de 32 ans et classé 144e mondial, Sébastien de Chaunac annoncera dans quelques semaines s’il continue sa carrière.