Interview de Baptiste Gros

(ski de fond)

A moins d’un mois des Jeux Olympiques de Pyeongchang, nous vous proposons une interview de Baptiste Gros. Spécialiste du sprint en ski de fond, il compte une victoire et plusieurs podiums en Coupe du monde. Il espère briller pour sa deuxième participation aux Jeux Olympiques.

Baptiste, ta saison 2016-2017 a notamment été marquée par une deuxième place au sprint par équipe lors de la Coupe du monde de Pyeongchang et par un top 10 en Coupe du monde. Avec un peu de recul, quel regard portes-tu sur la saison dernière ?

J’en suis moyennement satisfait, parce que j’avais réalisé cinq podiums en Coupe du monde l’année précédente, alors que je n’en ai fait qu’un la saison dernière. J’ai fait des erreurs dans la saison. Mais je suis allé à Pyeongchang reconnaître la piste et on a obtenu un podium par équipe avec Lucas (Lucas Chanavat, ndlr). C’était la principale satisfaction de la saison parce que c’était mon seul podium, qui plus est sur la piste des JO. C’est bien, mais je n’ai pas envie de le prendre trop sérieusement non plus. Il manquait du monde. C’était une saison moyenne, mais c’était peut-être un passage obligé pour faire une bonne saison cette année. J’ai besoin de travailler.

Tu as participé aux Jeux Olympiques de Sotchi en 2014, terminant 40e du sprint style libre. Cette performance était-elle à la hauteur de tes attentes pour cette première expérience olympique ?

J’étais déçu parce que quand on aborde les JO, quel que soit l’âge ou l’expérience que l’on a, on a envie de revenir avec une médaille. Mais j’ai découvert autre chose. En effet, ce n’est pas la folie en France pour le ski de fond du côté médiatique, alors qu’on sent bien que c’est le sport numéro 1 en Norvège par exemple. Etre mis en avant médiatiquement et voir ce qu’est la machine Olympique était une sacré expérience ! Ça fait partie du schéma pour arriver à Pyeongchang un peu plus serein.

Mis à part ta compétition, quels souvenirs gardes-tu de ces Jeux Olympiques de Sotchi ?

Si on oublie l’écologie (rires), ce qui m’a le plus impressionné, ce sont les moyens mis en œuvre. A la base, il n’y avait absolument rien là-bas. Créer autant d’infrastructures et créer un événement aussi énorme en quelques années, pour du sport, je trouve que c’est un peu excessif mais ça reste beau dans le fond. C’est un peu la magie des Jeux ! Autant de choses en si peu de temps pour juste du sport, c’est ce qui m’a marqué !

Cette expérience Olympique de Sotchi t’aide-t-elle à aborder plus sereinement les Jeux Olympiques de 2018 ?

Oui. Dans le comportement, je n’y vais plus pour découvrir. Je ne vais pas regarder à droite à gauche, ni ce que font les autres. Aux JO, comme on est au Village Olympique, on voit toutes les habitudes et la préparation des autres athlètes. Tu as une semaine pour voir comment les grands champions se préparent les derniers jours avant une grande compétition. Tu es focalisé sur ce qu’ils font et tu oublies un peu ce que toi, tu dois faire. J’ai donc ma propre opinion et je ferai les choses à ma manière.

Pour les Jeux Olympiques de Pyeongchang, le sprint se disputera en style classique, alors que tu brilles plutôt en style libre. As-tu du coup plus axé ta préparation et tes entraînements sur le style classique cette saison ?

Oui. J’ai axé 75% de mon entraînement autour du style classique. Je n’oublie pas non plus le style skating car il y a le team sprint, une course que j’espère disputer et qui sera sur la même piste mais en skate. Je ne me suis pas non plus mis des profils d’entraînement qui ressemblent tous absolument à Pyeongchang. Il faut quand même garder l’esprit d’être polyvalent et de tout faire. Mais c’est clair que ça a joué dans la préparation !

Tu comptes à l’heure actuelle une victoire en Coupe du monde, en mars 2016 à Québec. Cette victoire a-t-elle été un déclic pour toi ?

Ça a forcément été un déclic pour moi. Je suis le premier et le seul Français à avoir eu une victoire en Coupe du monde en sprint. C’est quelque chose qui était inaccessible jusqu’à maintenant et ça a été un déblocage pour moi, et aussi pour l’équipe. En effet, on s’entraîne en commun et quand l’un passe le cap, les autres savent qu’ils peuvent le passer aussi.

Mais ça n’a pas tout fait non plus. La saison d’après, j’ai peut-être trop voulu en faire en termes de préparation et d’entraînement. Je ne suis « cramé ». Ça m’a permis de faire des erreurs. Mais mentalement, je sais que je suis capable de gagner une Coupe du monde. Je me dis que deux ans après, j’ai encore des chances de monter sur la première marche !

Merci beaucoup Baptiste et bonne chance pour les Jeux Olympiques de Pyeongchang !

La carrière de Baptiste Gros en quelques lignes :

Spécialiste du sprint, Baptiste Gros participe à sa première épreuve de Coupe du monde en décembre 2010.

En 2014, il signe son premier podium en Coupe du monde en prenant la troisième place du sprint à Szklarska Poreba (Pologne). Il est alors sélectionné pour les Jeux Olympiques de Sotchi, dont il termine 40e en sprint style libre.

En mars 2016, il remporte la Coupe du monde de Québec. Cette saison-là, il termine aussi 2e à  Davos et à Planica en sprint individuel, et 2e à Planica en sprint par équipe. En 2017, il est 2e du sprint par équipe lors de la Coupe du monde de Pyeongchang. Aujourd’hui âgé de 27 ans, Baptiste Gros va tenter de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Pyeongchang, qui auront lieu en février prochain.