Interview de Nastasia Noens

(ski alpin)

Alors que la saison de Coupe du monde de ski vient tout juste de débuter, nous vous proposons cette semaine une interview de Nastasia Noens. Spécialiste du slalom, elle a participé aux Jeux Olympiques de Vancouver en 2010 et compte un podium de Coupe du monde à son palmarès.

Nastasia, revenons tout d’abord sur la saison dernière que tu as terminée à la vingt-neuvième place du classement général du slalom. On imagine que cette saison a été une déception pour toi ?

Ça a été une année difficile. L’année précédente, je revenais de blessure et j’avais quand même fait une saison dans le top 10 mondial. Cette saison, je n’avais pas trop de problèmes physiques donc c’était une année pleine pour moi. Lors de la première course à Levi, je n’ai pas été qualifiée. Ça a été un très gros coup de poignard dans le dos. J’ai essayé d’aller chercher tout au long de la saison mais rien n’est arrivé. Sur la fin de la saison, heureusement, je suis partie sur la Coupe d’Europe et j’ai pu gagner une Coupe d’Europe et faire des podiums. Ça m’a donc remise un peu en confiance pour la dernière Coupe du monde mais malgré ça, j’ai terminé treizième. Ce n’est donc pas du tout une saison qui m’a convenu. Mais c’est comme une blessure : ça fait grandir. J’ai tout mis à plat à la fin de l’hiver avec les coachs pour revenir sur des bases simples et atteindre mon niveau, qui se situait dans les meilleures mondiales.

Tu avais pourtant réussi de belles saisons 2010-2011 et 2011-2012, entrant très régulièrement dans le top 10 des courses de Coupe du monde. Tout est-il une question de confiance et de dynamique ?

Une question de confiance, oui. J’étais sur une très bonne lancée et j’avais vraiment confiance en mon ski. Malheureusement, comme beaucoup de sportifs, j’ai connu les blessures. Les blessures font beaucoup douter. Après mon opération au genou, j’ai eu un contrecoup et ça a été dur d’en sortir. Mais je n’ai jamais perdu confiance. Même si l’année dernière a été une descente aux enfers, je me dis que ça fait partie de la vie de tout sportif et qu’il faut savoir rebondir.

Vas-tu changer des choses dans ta préparation ou dans ton état d’esprit pour cette nouvelle saison, de façon à briller aux Jeux Olympiques de Sotchi ?

Mon état d’esprit restera à jamais d’être combattante. J’ai toujours adoré la compétition et je ne skie rien que pour ça : pour battre les autres et me faire plaisir. Cette année, j’ai de grandes ambitions. Mais ayant été 29e mondiale l’année dernière, je retombe aussi sur mes pieds. Je sais que le chemin va être long.  Il s’agit de revenir petit à petit à mon niveau.

Quels objectifs t’es-tu fixée pour la saison prochaine, marquée par les Jeux Olympiques de Sotchi en février ?

C’est l’année Olympique. Mais avant tout ça, il y a la confiance par rapport à la Coupe du monde. Il s’agit de retrouver des bons dossards et de faire des bons résultats. Les Jeux sont la course d’un jour. C’est une course différente pour pleins de raisons, notamment au niveau des médias le jour J. Mais la Coupe du monde comme les Jeux restent une compétition très importante.

La première grande compétition de ta carrière a lieu en France, aux Championnats du monde 2009 de Val d’Isère. Quels souvenirs gardes-tu de cette grande première ?

Je crois que c’est ma plus belle course. Mon podium à Flachau a été incroyable, mais Val d’Isère a vraiment été une grande course pour moi. J’ai terminé treizième. Tous les Niçois étaient venus me voir. J’ai été marquée par ce public ! Arrivée en bas, c’est limite si tu ne regardes pas le résultat mais plutôt tout le monde sauter. Tu as envie de sauter avec eux ! Et puis j’ai rencontré Nicolas Sarkozy ! (rires)

Tu avais seulement 21 ans lorsque tu as participé pour la première fois aux Jeux Olympiques en 2010 à Vancouver. Considères-tu que participer à des Jeux aussi jeune est un avantage ou bien tu as senti au contraire que le manque d’expérience sur une telle compétition était préjudiciable ?

Je pense que ça dépend de l’état d’esprit dans lequel tu arrives et de si tu as une chance de médaille ou pas. Si tu es dans les quinze meilleures mondiales, tu peux prétendre à une médaille. Moi, je suis arrivée à Vancouver un peu émerveillée de découvrir les Jeux : on est tous ensemble au même endroit, il y a un McDonald’s, des jeux vidéo… Je me disais que c’était le jour J et qu’il fallait tout exploser si je voulais quelque chose, alors que ce n’est pas du tout comme ça qu’il faut l’aborder ! Ça reste une course comme une autre. Tu joues « ta vie » mais tu ne peux pas sortir des trucs que tu n’as jamais connus. Ça m’a bien faite redescendre sur terre. Les Jeux sont la course d’un jour mais il y a du travail avant !

Tu as terminé vingt-neuvième du slalom de ces JO de Vancouver. Raconte-nous un peu comment tu as vécu cette course de l’intérieur ?

Concernant les conditions, il n’y avait pour moi rien de pire : du brouillard, de la pluie et un stress inimaginable. Je ne m’attendais pas à faire une médaille, mais au moins à vraiment faire ma course et ça a été une désillusion. Ça m’a mis un coup de poignard et ça m’a aidée pour la suite car l’année suivante en 2011, j’ai réalisé ma meilleure saison en Coupe du monde.  Ça m’a mise une grosse claque et ça m’a bien faite redescendre sur terre !

Tu comptes à l’heure actuelle un podium en Coupe du monde, obtenu en janvier 2011 lors du slalom de Flachau. Considères-tu ce podium comme le meilleur souvenir de ta carrière ?

C’est mon seul podium donc c’est sûr que ça a été quelque chose d’incroyable. Mais le fait de revenir après ma blessure et de terminer quatrième en Coupe du monde à Soldeu en 2012 est aussi un très bon souvenir. J’avais aussi fait cinquième à Flachau cette année-là. Au retour de ma blessure, je ne comprenais pas ce qu’il m’arrivait : j’avais mal au genou mais je réalisais des manches incroyables. Je n’oublierais jamais un podium de ma vie, mais je pense que quand on revient au très haut niveau après une blessure, c’est quelque chose d’important.

Merci beaucoup Nastasia pour ta disponibilité et bonne chance pour la suite !

La carrière de Nastasia Noens en quelques ligne :

Spécialiste du slalom, Nastasia Noens décroche en 2008 la médaille de bronze aux Championnats du monde Junior. Un an plus tard, elle termine 13e des Championnats du monde disputés à Val d’Isère.

En 2010, elle est sélectionnée en slalom pour les Jeux Olympiques de Vancouver. Elle y prend la 29e place. Elle réalise une belle saison en 2011, signant notamment une 3e place lors de la Coupe du monde de Flachau et terminant 9e des Championnats du monde de Garmisch-Partenkirchen. En 2012, de retour de blessure, elle est 4e de la Coupe du monde de Soldeu.

En 2013, elle termine 19e des Championnats du monde de Schladming. Aujourd’hui âgée de 25 ans, Nastasia Noens prépare actuellement la nouvelle saison marquée par les Jeux Olympiques de Sotchi en février prochain.