Interview de Pierre-Emmanuel Dalcin

(ski alpin)

Alors que tous les regards sont actuellement tournés vers les JO de Vancouver, certains athlètes ont été privés de cette grande fête à cause d’une blessure. C’est le cas de Pierre-Emmanuel Dalcin, l’un des meilleurs Français en descente et en super-G, qui a été gravement blessé en décembre dernier. Ayant participé aux JO de 2002 et de 2006, il revient sur cette expérience et nous donne des nouvelles de sa blessure.

Pierre-Emmanuel, tu as été gravement blessé début décembre lors d’une étape de Coupe du monde aux Etats-Unis. Peux-tu tout d’abord nous donner de tes nouvelles ? Que s’est-il passé pour toi depuis ce terrible accident ?

« Les opérations se sont bien passées, mais un mois après l’opération des genoux, j’ai attrapé une infection au genou droit. Il s’est avéré que c’était un staphylocoque donc j’ai été réopéré le 15 janvier pour effectuer un lavage intra articulaire. Une semaine d’hôpital et une de rééducation plus loin, je me sens mieux. J’ai un traitement antibiotique jusqu’à fin février et je retournerai en rééducation ensuite. Donc finalement, j’ai perdu un mois sur mon programme de rééducation initial mais j’espère que tout va rentrer dans l’ordre maintenant. »

Ta blessure, associée à celles d’autres skieurs, a relancé le débat sur la sécurité. Penses-tu que de tels accidents peuvent être évités ? Si oui, comment ?

« Pour mon cas, oui… J’ai chuté à cause d’une porte (de la banderole d’une porte, plus exactement) parce qu’elle était trop solide et m’a déséquilibré, ce qui n’est pas normal. Mais depuis cet accident, la FIS (Fédération Internationale de Ski, ndlr) a modifié les banderoles afin de les rendre moins solides. Donc si la FIS avait agit avant, je serais toujours sur mes skis aujourd’hui.

Sinon, on fait un sport très dangereux, donc quoiqu’on fasse, il y aura toujours des chutes, donc des blessures… »

Ta victoire en Coupe du monde à Val d’Isère, en janvier 2007, est-ce le meilleur souvenir de ta carrière à ce jour ?

« Oui, c’est mon meilleur souvenir parce-que je n’ai été premier qu’une seule fois et gagner était un de mes objectifs les plus élevés. En plus, c’était en France, devant mon public et mes proches donc c’était fabuleux ! »

Lors des Jeux Olympiques de Turin en 2006, tu avais le meilleur temps du Super-G, avant que les organisateurs ne décident d’annuler la course et de la reprogrammer plus tard à cause des chutes de neige. As-tu mis du temps à digérer cette décision ? Aujourd’hui, ressens-tu cela comme une injustice ?

« J’ai mis un peu de temps à le digérer, oui. Heureusement que j’ai gagné à Val d’Isère à peine un an après… Je ne suis pas aigri ni amer mais je le ressentirai toute ma vie comme une énorme injustice et je persiste à penser que si j’avais été Autrichien ou Suisse, la course serait allée à son terme. »

Mis à part cet événement, quels souvenirs gardes-tu de tes deux participations aux JO, à Salt Lake City et à Turin ?

« J’en garde des souvenirs mitigés… En 2002, j’ai eu une rupture du croisé antérieur d’un genou, et en 2006 l’événement dont je viens de parler à l’instant… »

Pour finir, quel est ton programme pour la suite ? Es-tu déterminé à remonter sur les skis ou alors songes-tu aussi à arrêter ta carrière ?

« Je vais me rééduquer, me reconstruire un physique, et je pars dans l’optique de continuer ! »

Merci beaucoup Pierre-Emmanuel ! En te souhaitant un bon rétablissement !

La carrière de Pierre-Emmanuel Dalcin en quelques lignes :

Pierre-Emmanuel Dalcin participe pour la première fois aux Championnats du monde de ski en 2001, où il termine notamment 9e du Super-G. Un an plus tard, lors des Jeux Olympiques de Salt Lake City, il finit 11e de la descente.

En 2004, il monte pour la première fois sur un podium de Coupe du monde (2e place en Super-G à Garmisch). Participant aux Jeux Olympiques de Turin en 2006, il obtient de nouveau la 11e place en descente, mais alors qu’il détient le meilleur temps du Super-G, les résultats sont annulés à cause du mauvais temps et la course est reprise à zéro : il sort alors de la piste.

En janvier 2007, il remporte la Coupe du monde de Val d’Isère. Depuis, il fait toujours partie des meilleurs Français mais une sérieuse blessure consécutive à une chute en décembre dernier l’empêche de disputer les JO de Vancouver.