Interview de Véronique Pierron

(short track)

Place cette semaine au short track avec l’interview de Véronique Pierron. Sélectionnée aux Jeux Olympiques de Turin et de Vancouver, elle a remporté en janvier dernier une médaille de bronze aux Championnats d’Europe sur le 1000 m. Nous l’avons rencontrée.

Véronique, tout d’abord un petit mot sur la médaille de bronze que tu as remportée aux Championnats d’Europe sur le 1000 m en janvier dernier ? On imagine que c’est une grande satisfaction pour toi ?

Oui, je suis très contente. Je revenais d’une blessure : la saison précédente, j’avais réalisé une saison blanche car je n’avais pas patiné. Je ne savais donc pas trop où j’en étais et je suis vraiment satisfaite d’y avoir performé. Cette année, les Championnats d’Europe étaient le grand objectif et je suis contente d’avoir répondu présente.

De façon plus globale, quel regard portes-tu sur ta saison, où tu as notamment aussi disputé les Championnats du monde ?

C’est l’une de mes meilleures saisons. J’ai disputé une finale sur 1500 m aux Championnats du monde, où j’ai terminé sixième. J’ai fait deux finales en Coupe du monde et la médaille aux Championnats d’Europe. Je suis donc vraiment contente de cette saison !

Revenons un peu en arrière : en 2006, tu as été sélectionnée aux Jeux Olympiques de Turin en tant que remplaçante du relais.  As-tu vraiment eu l’impression de participer à des Jeux Olympiques malgré le fait que tu n’aies pas pu concourir ?

Plus ou moins ! J’étais vraiment jeune. J’avais seize ans. Pour moi, c’était une expérience de découvrir un peu le monde de l’olympisme. Mais je pense que je n’étais pas vraiment prête pour aller patiner donc c’était une bonne expérience pour plus tard les Jeux de 2010.

Considères-tu que ces Jeux Olympiques de Turin t’ont servi pour les Jeux Olympiques de Vancouver ou plus généralement pour ta carrière ?

Oui. Du coup, j’étais moins surprise en arrivant en 2010. Je savais à quoi m’attendre. Ça m’a permis d’aborder les Jeux plus sereinement et d’y aller avec un peu plus de confiance.

En 2010, tu as remporté la médaille de bronze sur 1000 m aux Championnats d’Europe. Quelle importance accordes-tu à cette médaille qui a eu lieu juste avant les Jeux Olympiques de Vancouver ?

C’était en janvier, donc un mois avant les Jeux. Ça m’a beaucoup mise en confiance. J’étais surtout très contente parce que c’était ma première médaille internationale ! En plus, je m’entraînais à Reims, un petit peu exclue du groupe France. Ça m’a permis de montrer que moi aussi, je pouvais être présente avec les meilleures.

En 2010, tu as de nouveau été sélectionnée lors des Jeux Olympiques de Vancouver, où tu as été éliminée en quarts-de-finale du 500 m après une chute. Considères-tu cette chute comme la plus grosse frustration de ta carrière à ce jour ?

Plus ou moins. C’était les Jeux, donc il fallait se donner à 100% et prendre des risques. Je les ai pris, je suis tombée, c’est comme ça… Je ne vais pas regretter. Je pense que j’ai fait ce qu’il fallait. J’espère maintenant que la chance va tourner !

Quels souvenirs gardes-tu de ces Jeux Olympiques de Vancouver ?

C’était vraiment grandiose. Il y avait énormément de personnes. Dans la patinoire, il y avait 16 000 spectateurs. En tant que sport amateur, on ne rencontre que très peu de cas comme celui-ci. Le monde, les medias, le village olympique, c’était impressionnant… Tout est vu en grand ! C’est une belle expérience !

Tu as pu participer aux cérémonies d’ouverture et de clôture ?

On n’a pas participé à l’ouverture parce qu’on patinait le lendemain. Par contre, on a fait la cérémonie de clôture et c’était très beau !

N’est-ce-pas parfois frustrant de concourir dans un sport où les chutes et les coups du sort sont assez fréquents ?

Oui, un petit peu ! Mais on se dit que ça fait partie du sport. La chance, on essaie de la provoquer pour qu’elle soit de notre côté. Sinon, il y a le patinage sur piste où chacun est dans son couloir et où il y a moins de bagarre, mais j’aime bien ce côté contact du sport, donc je continue là-dedans !

Comment en es-tu arrivée au short track ?

J’ai commencé par le roller. Après, j’ai fait un peu de patinage artistique et finalement, j’ai terminé au short track. J’aime bien cette sensation de vitesse, de contact et d’inclinaison !

En parallèle du short track, tu es aussi étudiante. Est-ce particulièrement difficile de concilier les deux ?

J’ai la chance d’avoir avec RMS (Reims Management School, une Ecole de commerce, ndlr) une sorte de contrat où ils essaient de m’arranger comme ils peuvent. J’ai pas mal de travail à faire par correspondance et des devoirs à rendre quand je peux. Les emplois du temps et mon planning sont aménagés. On s’arrange comme ça ! Je dirais que je n’avance pas à l’allure d’un étudiant normal mais j’avance à mon rythme !

Merci beaucoup Véronique pour votre gentillesse et votre disponibilité !

Crédit photo 2 : Cameron Spencer / Getty Images North America

La carrière de Véronique Pierron en quelques lignes :

Véronique Pierron est sélectionnée en 2006 pour les Jeux Olympiques de Turin. Elle a alors seulement 16 ans et est remplaçante du relais.

En janvier 2010, elle remporte la médaille de bronze sur 1000 m aux Championnats d’Europe de Dresde (Allemagne). Un mois plus tard, elle participe aux Jeux Olympiques de Vancouver sur l’épreuve du 500 m. Elle y est éliminée en quarts-de-finale.

Après une longue blessure, elle décroche en janvier 2012 la médaille de bronze sur le 1000 m aux Championnats d’Europe. Agée de 22 ans, Véronique Pierron est actuellement blessée et voit donc sa préparation pour la saison prochaine perturbée.