Interview de Ferréol Cannard
(biathlon)

Il y a vingt ans jour pour jour, Ferréol Cannard a remporté la médaille de bronze du relais des Jeux Olympiques de Turin 2006. Pour l’occasion, il revient pour nous sur les temps forts de sa carrière et ses souvenirs des Jeux de Salt Lake City 2002 et Turin 2006.

FerrĂ©ol, tu as participĂ© Ă  tes premiers Jeux Olympiques Ă  Salt Lake City en 2002, oĂą tu as terminĂ© 77e de l’individuel. Quels souvenirs gardes-tu de cette première expĂ©rience Olympique ?

Lors de ces Jeux Olympiques en 2002, j’ai complètement raté ma course individuelle. Mais le souvenir que je garde avant tout, c’est la médaille remportée par le relais (dont j’étais remplaçant) : je me suis alors juré de tout mettre en œuvre pour obtenir un jour une médaille olympique.

Lors des Jeux Olympiques de Turin 2006, il y a 20 ans, tu as remportĂ© la mĂ©daille de bronze en relais. Dans quel Ă©tat d’esprit es-tu arrivĂ© Ă  ces Jeux Olympiques et quels Ă©taient tes objectifs ?

Lors de ces Jeux Olympiques en 2006, j’avais un seul et unique objectif : obtenir la mĂ©daille avec le relais. C’était mon leitmotiv durant les quatre annĂ©es prĂ©cĂ©dant cet Ă©vĂ©nement. J’étais conscient d’avoir peu de chance de dĂ©crocher une mĂ©daille sur les courses individuelles. Ces courses m’ont surtout servi de prĂ©paration pour le relais. 

« Lorsque j’ai vu la photo-finish, j’ai compris que c’était beaucoup plus serré que ce que je pensais ! »

Tu Ă©tais le troisième relayeur de l’Ă©quipe de France. Peux-tu nous raconter comment tu as vĂ©cu cette course de l’intĂ©rieur ?

Mon relais s’est bien passĂ©. Je me souviens surtout d’être allĂ© très loin dans l’effort ce jour-lĂ . J’ai donnĂ© le relais Ă  RaphaĂ«l PoirĂ©e en troisième position. Je me suis alors dit que la mĂ©daille Ă©tait quasi certaine car RaphaĂ«l ne perdait jamais de place.

Puis il y a eu ce sprint entre RaphaĂ«l et Carl-Johan Bergman (RaphaĂ«l PoirĂ©e Ă©tait classĂ© quatrième après le dernier tir après avoir ratĂ© trois cibles et a ensuite rattrapĂ© 13 secondes de retard pour s’offrir un sprint pour la mĂ©daille de bronze contre le relais suĂ©dois, ndlr). J’étais dans l’aire d’arrivĂ©e et j’ai sautĂ© de joie car j’ai vu RaphaĂ«l remporter ce sprint. Mais lorsque j’ai vu la photo-finish, j’ai compris que c’était beaucoup plus serrĂ© que ce que je pensais !

Je me souviens également que j’étais un peu gêné vis-à-vis à l’équipe de Suède : c’étaient des copains et ils méritaient la médaille autant que nous.

Lors de ces Jeux Olympiques de Turin, tu as aussi terminĂ© 31e du sprint et 40e de la poursuite. As-tu eu le temps de profiter de la magie Olympique Ă  Turin ? Tu as pu participer aux cĂ©rĂ©monies d’ouverture et de clĂ´ture ?

Le site des cĂ©rĂ©monies d’ouverture et de clĂ´ture Ă©tait Ă©loignĂ© de notre lieu de compĂ©tition. J’ai malgrĂ© tout assistĂ© Ă  la cĂ©rĂ©monie de clĂ´ture. J’ai pu profiter de l’ambiance des Jeux Olympiques après le relais. Mais en tant qu’athlète, il est toujours compliquĂ© de profiter de ces moments Ă  100 %.

Comment as-tu vĂ©cu la pĂ©riode d’après-mĂ©daille Olympique ?

Suite aux bons rĂ©sultats de Vincent Defrasne et de Florence Baverel (respectivement champion Olympique de la poursuite et championne Olympique du sprint Ă  Turin, ndlr), il y a eu beaucoup d’effervescence dans ma rĂ©gion. J’ai pu Ă©galement en profiter. Mais au printemps, je me souviens que j’ai eu des difficultĂ©s Ă  retrouver la motivation et des objectifs. Je ne m’Ă©tais pas prĂ©parĂ© Ă  l’après.

« Vivre de telles émotions en équipe est toujours plus magique »

Tu comptes aussi six participations aux Championnats du monde, dont une mĂ©daille de bronze en relais en 2004, plusieurs top 10 en individuel en Coupe du monde ainsi qu’une victoire en relais en 2003 Ă  la Coupe du monde de Ruhpolding. Ă€ part la mĂ©daille Olympique, quel est le meilleur souvenir de ta carrière ?

Mes meilleurs souvenirs sont clairement liĂ©s aux relais : c’est sur ce format que j’étais le plus performant. Je parvenais Ă  me transcender lors de ces Ă©preuves. De plus, vivre de telles Ă©motions en Ă©quipe est toujours plus magique !

Tu as pris ta retraite en 2008, Ă  l’âge de 30 ans. Pour quelles raisons as-tu dĂ©cidĂ© d’arrĂŞter ta carrière Ă  ce moment-lĂ  ?

Je sentais que ma motivation commençait Ă  baisser. Mes rĂ©sultats stagnaient. J’avais le sentiment de ne plus pouvoir progresser. La meilleure solution Ă©tait donc d’arrĂŞter le haut niveau !

Quelles ont été les principales étapes de ta reconversion et que deviens-tu aujourd’hui ?

À l’issue de ma carrière, j’ai intégré l’administration des Douanes. J’en fais toujours partie aujourd’hui. L’hiver, je me plais à transmettre ma passion en tant que moniteur de ski à l’ESF.

Merci beaucoup Ferréol et bravo pour ta médaille Olympique il y a vingt ans !

La carrière de FerrĂ©ol Cannard en quelques lignes :

Ferréol Cannard dispute sa première épreuve de Coupe du monde en 1999 et ses premiers Championnats du monde en 2001. Il participe aux Jeux Olympiques de Salt Lake City 2002 et termine 77e de l’individuel. En 2003, il gagne le relais de la Coupe du monde de Ruhpolding.

En 2004, il remporte la médaille de bronze du relais des Championnats du monde. Lors des Jeux Olympiques de Turin 2006, il obtient la médaille de bronze du relais (avec Julien Robert, Vincent Defrasne et Raphaël Poirée). À Turin, il se classe aussi 31e du sprint et 40e de la poursuite.

Il met un terme à sa carrière en 2008, à l’âge de 30 ans. Il compte en Coupe du monde huit podiums en relais et huit top 10 en individuel. Aujourd’hui âgé de 47 ans, Ferréol Cannard travaille dans l’administration des Douanes et est moniteur de ski à l’ESF l’hiver.

drapeau paralympique Participations aux Jeux Olympiques de Salt Lake City 2002 et Turin 2006

medaille Médaillé de bronze aux Jeux Olympiques de Turin 2006 (relais hommes)

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