Interview de Guillaume Cizeron

(patinage artistique)

Après Gabriella Papadakis, c’est au tour de son partenaire Guillaume Cizeron de se livrer à une interview marquant les 10 ans du site interviewsport.fr. Cinq fois champion d’Europe, quatre fois champion du monde, vice-champion Olympique à Pyeongchang en 2018 : à 24 ans, il possède déjà l’un des plus beaux palmarès du sport français.

Guillaume, vous avez de nouveau remporté cette saison les titres de champions du monde et de champions d’Europe. On imagine que vous êtes complètement satisfait de votre saison ?

Oui, je suis complètement satisfait ! On a rempli nos objectifs et on est contents !

Vous avez battu le record du monde cette année, à la fois sur le programme court et sur le programme libre. Accordez-vous une importance aux records du monde ou bien vous vous intéressez uniquement aux médailles ?

Je m’intéresse plus aux médailles qu’aux records. Certes, si on bat notre record, ça veut dire qu’on progresse. Mais on s’attache plus aux médailles qu’aux records du monde, car les records sont moins importants que dans un sport comme l’athlétisme par exemple.

Depuis 2015, vous avez remporté cinq titres de champions d’Europe et quatre titres de champions du monde. De toutes ces médailles, quelle est celle qui a été la plus dure à gagner selon vous ?

Tous les ans, c’est différent ! C’est la même compétition, mais on arrive toujours dans un état différent et avec une expérience différente. Plus on avance dans notre carrière, plus je pense qu’on est capables de mieux gérer les compétitions grâce à l’expérience. Il y a donc un stress un peu différent. On sait à chaque fois ce que l’on doit faire. On a répété nos programmes des centaines de fois. C’est difficile, mais ce n’est pas compliqué.

Vous avez remporté la médaille d’argent des Jeux Olympiques de Pyeongchang l’année dernière. Avec le recul, avez-vous toujours des regrets étant donné les conditions particulières dans lesquelles cela s’est passé ? 

Pas de regrets, parce qu’on a fait notre maximum. On est en paix avec ce résultat. On essaie d’apprendre de cette expérience, d’en tirer des leçons et de continuer sur notre lancée !

Au cours de votre carrière, vous avez eu la particularité de vous entraîner au Canada avec les mêmes entraîneurs et sur la même patinoire que vos grands rivaux canadiens. On imagine que cela a été une situation particulière à vivre ?

On a l’habitude de s’entraîner avec nos compétiteurs. Après, c’est vrai qu’être en directe opposition avec nos principaux rivaux pour la première place rendait la chose un peu plus stressante. Ça nous a beaucoup appris sur comment gérer notre stress à l’entraînement et comment gérer ce type de rivalité. Ça s’est toujours fait avec beaucoup de respect l’un pour l’autre. On a beaucoup de respect pour leur carrière et leur patinage, et inversement. C’était difficile, mais c’est toujours resté respectueux.

Vous patinez en danse sur glace avec Gabriella depuis l’âge de dix ans. A quel moment avez-vous pris conscience que votre couple avait le potentiel pour arriver au top niveau ?

Je pense qu’il y a eu pas mal de gens à la Fédération et dans les équipes d’encadrement qui ont cru à notre potentiel dès le début. Ça nous a tout doucement mis dans la tête que ce serait possible d’arriver au top de la discipline. Mais je pense que c’est peut-être plus lors des dernières années juniors qu’on en a vraiment pris conscience, et notamment quand on a été vice-champions du monde junior à Milan (en 2013, ndlr). L’année suivante, lors de notre première année senior, on a été dans le bas du classement et ça a été plus difficile. C’est l’année d’après où on a fait notre boom. Ça s’est concrétisé plus tôt que prévu ! Ça nous a un peu surpris et on n’a pas vraiment eu le temps de mettre les objectifs en place de manière traditionnelle. On savait donc qu’on avait le potentiel, mais on ne savait pas que ça allait arriver aussi vite !

Vous étiez le chorégraphe du couple français Vanessa James et Morgan Ciprès sur le programme court la saison dernière. Pouvez-vous nous expliquer comment vous en êtes arrivé à avoir ce rôle ?

On a commencé à en parler quelques mois avant. On est assez proches et on s’entend bien, donc ça s’est fait un peu naturellement. C’était surtout pour le plaisir de travailler ensemble et j’étais super content de pouvoir avoir cette expérience. Ils m’ont accueilli à Tampa (le lieu d’entraînement du couple en Floride, ndlr). C’était très sympa !

Merci beaucoup Guillaume et bonne chance pour la suite de votre carrière !

Crédits photo 1 : AFP

La carrière de Guillaume Cizeron en quelques lignes :

Evoluant en danse sur glace, Guillaume Cizeron et sa partenaire Gabriella Papadakis participent à leurs premières grandes compétitions en 2014, terminant à la 13e place du Championnat du monde et à la 15e place du championnat d’Europe.

Dès 2015, ils se révèlent au plus haut niveau en devenant à la fois champions du monde et d’Europe. Ils réitèrent la même performance en 2016 avec deux médailles d’or. En 2017, ils décrochent un nouveau titre de champions d’Europe mais doivent se contenter de l’argent aux Championnats du monde. En 2018, ils remportent les titres de champion du monde et d’Europe, et obtiennent la médaille d’argent des Jeux Olympiques de Pyeongchang.

En 2019, ils sont de nouveaux champions du monde et champions d’Europe. Ils signent également un nouveau record du monde. Aujourd’hui âgé de 24 ans, Guillaume Cizeron compte aussi 5 titres de champion de France avec Gabriella Papadakis, avec qui elle patine depuis son enfance.

Participation aux JO de Pyeongchang 2018
Médaillé d’argent aux JO de Pyeongchang 2018 (danse sur glace)

Cliquez ici pour lire l’interview de la partenaire de Guillaume : Gabriella Papadakis.