Interview de Nathalie PĂ©chalat

(patinage artistique)

Cette semaine, nous vous proposons les interviews de Nathalie PĂ©chalat et de Fabian Bourzat. Evoluant ensemble en danse sur glace, ils ont pris la septième place des Jeux Olympiques de Vancouver, en fĂ©vrier dernier. Pour dĂ©buter, c’est Nathalie PĂ©chalat qui rĂ©pond Ă  nos questions et qui Ă©voque bien sĂ»r les JO mais aussi les deux quatrièmes places obtenues cette annĂ©e aux Championnats du monde et d’Europe.

Nathalie, tu évolues en danse sur glace avec Fabian Bourzat depuis plusieurs années. As-tu toujours voulu faire cette discipline ou bien tu as été auparavant tentée par une carrière en patinage artistique en solo ou en couple ?

« Cela fait dix ans que nous patinons ensemble ! J’ai débuté à 7 ans en patinage individuel : il paraît que je n’étais pas hyper douée pour les sauts (sourires). Et puis la danse sur glace est arrivée à Rouen, et le fils de la prof cherchait une partenaire… J’ai suivi les deux disciplines pendant un an (j’étais déjà en sport-étude), puis il a fallu faire un choix. Je me souviens avoir pesé le pour et le contre, mais la danse sur glace a gagné avec de gros arguments : on tombe moins souvent et on rigole plus à deux ! »

En 2006, tu as participé à tes premiers Jeux Olympiques, à Turin (dix-huitième place). Quels souvenirs gardes-tu de cette grande première ?

« Pour ĂŞtre honnĂŞte, mes premiers JO ont Ă©tĂ© comme une « reconnaissance des lieux » pour plus tard. La danse sur glace est un sport très hiĂ©rarchisĂ© et on savait en y allant que les chances de mĂ©daille Ă©taient nulles. Je suis venue pour l’expĂ©rience et j’en ai pris plein les yeux. J’ai assez mal patinĂ©, d’ailleurs. Mais le plus important, c’est que je n’ai eu qu’une idĂ©e par la suite : « revenir et performer ». »

Cette année, vous avez terminé septième des Jeux Olympiques de Vancouver. Ces JO ont-ils répondu à tes attentes ?

« On a bossé quatre ans pour préparer ces JO. On a fait des belles performances, on aurait bien sûr apprécié être plus haut dans le classement… Mais peu importe : les JO, c’est soit on a la médaille, soit on ne l’a pas. Dans quatre ans, on reviendra pour ça. »

En plus de cette septième place, ton année 2010 a également été marquée par deux quatrièmes places, aux Championnats du monde et d’Europe. Quel regard portes-tu sur ces performances ? Est-ce une satisfaction d’avoir obtenu de très bons classements ou au contraire une déception de ne pas avoir réussi à remporter de médaille ?

« Déception : oui, surtout à l’Europe. Mais il faut quand même noter la petite médaille que l’on a gagnée en étant troisième du programme libre (lors des Championnats du monde en mars dernier, ndlr). Aujourd’hui, la page est tournée : nous préparons la saison prochaine, avec plein d’espoirs et pour objectifs d’être champions d’Europe et médaillés des mondiaux. Cela nous permettra d’oublier la place au pied du podium que nous avons trop connue ! »

Arrives-tu Ă  vivre de la danse sur glace ?

« Vivre, je ne sais pas… Disons que tout l’argent que nous « offre » le patinage (aides de la FĂ©dĂ©ration et de notre club Castres, argent du sponsor Ictyane, primes de compĂ©titions et cachets de galas) nous sert Ă  couvrir tous nos frais liĂ©s Ă  notre sport et Ă  nous payer le loyer et les multiples billets d’avion… Notre statut est assez difficile. Nous recherchons d’autres sponsors pour pouvoir nous libĂ©rer un peu de temps afin de pouvoir nous concentrer plus sur les compĂ©titions. De plus, j’aurais bientĂ´t fini mon Master Ă  l’EM Lyon. Seulement, je ne pourrais que travailler une fois ma carrière sportive achevĂ©e, car les deux ne sont pas compatibles. »

De quoi est composé ton entraînement de danse sur glace ?

« Depuis que l’on est à Moscou (2008), on travaille beaucoup les bases et on s’est mis à la danse classique (incontournable pour les Russes). On travaille les portés au sol, on fait de la musculation ciblée… On monte les programmes, on travaille l’expression, la gestuelle. Puis il faut mettre tout cela dans quatre minutes de programme. Le tout réalisé, on travaille la condition physique en répétant nos mouvements le plus souvent possible, tout en gérant la dose de fatigue. »

Avec Fabian, vous avez déjà participé à deux JO, à sept Championnats du monde et à cinq Championnats d’Europe. Quel est votre programme et vos objectifs pour les prochaines années ?

« Waouh, j’ai oublié que cela représentait autant ! Le gros objectif, c’est évidemment Sotchi 2014, mais nous voyons année par année. Car avec Fabian, nous sommes d’accord sur une chose : aux JO, il y a deux sortes d’athlètes, les médaillés et les autres. Si on y va, c’est pour rapporter une médaille à la France. Pour cela, il faut faire des podiums mondiaux chaque année, avoir la forme physique, toujours l’envie… L’objectif de mi-parcours qui nous fixera déjà plus, ça sera les Championnats du monde à Nice en 2012. En tout cas, pour l’instant, on met le turbo et on regarde droit dans les yeux la saison à venir. »

Merci beaucoup Nathalie pour ta gentillesse ! En te souhaitant de belles médailles dans le futur !

La carrière de Nathalie Péchalat en quelques lignes :

Nathalie Péchalat évolue en danse sur glace avec Fabian Bourzat depuis dix ans. Leur première grande compétition internationale est les Championnats du monde de 2004, où ils terminent 20e.

En 2006, ils participent à Turin à leurs premiers Jeux Olympiques et terminent 18e. Ils poursuivent ensuite leur progression, que ce soit aux Championnats du monde (7e en 2008 et 5e en 2009) ou aux Championnats d’Europe (5e en 2008 et 4e en 2009).

En 2010, ils prennent la 7e place des Jeux Olympiques de Vancouver. Ils se distinguent également en terminant 4e à la fois aux Championnats du monde et aux Championnats d’Europe, avec à la clé la petite médaille pour avoir terminé 3e du programme libre des Championnats du monde. Aujourd’hui âgée de 26 ans, Nathalie Péchalat a déjà participé à deux JO, à sept Championnats du monde et à cinq Championnats d’Europe.

Pour en savoir plus sur Nathalie et son partenaire Fabian, visitez leur site officiel : pechalat-bourzat.com

Cliquez ici pour lire l’interview du partenaire de Nathalie : Fabian Bourzat.

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