Interview de Julien Robert

(biathlon)

Après plus de quinze ans en équipe de France, le biathlète Julien Robert a décidé l’année dernière de mettre un terme à sa carrière. Médaillé olympique à deux reprises en relais (à Salt Lake City en 2002 et à Turin en 2006), il évoque pour interviewsport.fr sa carrière et sa reconversion.

Julien, voilà un peu plus d’un an que tu as mis un terme à ta carrière de biathlète. Que deviens-tu ?

« Je suis rentré à l’école des Douanes en avril dernier, pour quatre mois de formation à la Rochelle. Il me reste maintenant huit mois de stage pratique afin de devenir titulaire en Douane. Je suis donc en poste à Ferney-Voltaire, près de Genève. Un accord a été trouvé entre la Douane et la FFS (Fédération Française de Ski) afin que je puisse intervenir entre septembre et mars prochain sur les stages et les IBU Cup (anciennement Coupe d’Europe, ndlr). »

Qu’est-ce qui t’as poussé à prendre cette décision d’arrêter ta carrière l’année dernière ?

« Disons qu’à 33 ans et après plus de quinze ans en équipe de France, mes résultats et ma motivation avaient diminué. J’étais à 90% de ce que je donnais avant et, pour le haut niveau, ça ne pardonne pas…. Et puis, il faut bien arrêter un jour ! »

Quel est le meilleur souvenir de ta carrière ?

« La quinzaine olympique des JO de Turin. Les résultats français ont été top globalement et personnellement, je me suis régalé avec la médaille en relais et deux « top 10″ en individuel (sixième du 20km et dixième de la poursuite). »

Et le pire ?

« Sans hésitation : ma course catastrophique au relais des Championnats du monde en 2003. Nous nous battions pour le podium et j’ai complètement raté ma course au tir ce jour-là. C’est très dur à vivre par rapport aux coéquipiers, coachs et techniciens ! »

Quelle est l’épreuve de biathlon que tu préférais ?

« Pour moi, c’était la poursuite parce-que c’est une course qui me correspondait bien car elle favorisait le tir ! J’adorais les mass-start (pour moi, c’est la course référence où il faut être au top dans tous les domaines pour pouvoir être devant). Et bien sûr, le relais me faisait vibrer et stresser comme jamais car j’ai eu la chance de jouer régulièrement les podiums avec les coéquipiers du moment (Poirée, Defrasne, Marguet, Cannard…). »

Tu as brillé en relais, notamment avec deux médailles de bronze aux Jeux Olympiques. Te préparais-tu différemment avant une course de relais par rapport à une course individuelle ?

« Il n’y avait pas de préparation spécifique mais on sentait qu’une énergie différente se dégageait ces jours-là entre nous. Personnellement, je n’ai jamais autant stressé dans ma vie d’athlète que les jours des relais olympiques. Mais le stress peut être positif et te transcender ! Pour le reste, c’est vrai que l’équipe se soudait plus les jours avant un relais important. On essayait de vivre plus ensemble et de renforcer cette cohésion qui, en dehors des relais, n’était pas toujours de mise. Par contre, à H-1 du relais, chacun savait ce qu’il avait à faire et on se préparait tous de notre côté (chacun possède son propre échauffement et sa propre méthode de concentration). »

Le biathlon reste peu médiatisé en France, malgré de bons résultats dans les grands championnats et aux JO. Comment pourrait-on selon toi inverser la tendance ?

« La seule condition à cet éventuel changement viendra, selon moi, de la diffusion télé de quelques épreuves sur une chaine nationale française. J’espère que les prochaines étapes de Coupe du monde au Grand-Bornand (décembre 2011) vont faire évoluer les choses dans ce domaine ! »

Merci beaucoup Julien d’avoir répondu à ces questions et bonne chance pour ta nouvelle carrière professionnelle !

La carrière de Julien Robert en quelques lignes :

Julien Robert effectue ses débuts professionnels en biathlon en 1994 et participe à ses premiers Championnats du monde trois ans plus tard.

Faisant partie des meilleurs biathlètes français, il est sélectionné à de nombreuses reprises pour les grands championnats : il participe aux Jeux Olympiques en 2002 et en 2006, ainsi qu’à neuf éditions des Championnats du monde.

Membre clé du relais masculin, il devient Champion du monde dans cette discipline avec l’équipe de France en 2001. En relais, Julien Robert a également remporté deux médailles de bronze aux JO et une médaille du même métal aux Championnats du monde 2004.

Au niveau individuel, il a signé un podium de Coupe du monde et de belles places d’honneur, notamment une sixième place aux JO de Turin dans l’épreuve du 20 km. En avril 2008, à 33 ans, Julien Robert a décidé de mettre un terme à sa carrière.