Interview de Sophie Rodriguez

(snowboard)

En janvier dernier, Sophie Rodriguez a remporté la médaille de bronze des Championnats du monde en half-pipe. Quatre ans après une cinquième place aux Jeux Olympiques de Vancouver, elle tentera en février prochain de briller lors des Jeux Olympiques de Sotchi.

Sophie, tu as remporté en janvier dernier la médaille de bronze des Championnats du monde en half-pipe. Considères-tu que c’est le moment qui t’as apporté le plus d’émotions dans ta carrière à ce jour ?

C’est vrai que ça a été une journée stressante ! Je voulais avoir cette médaille et les conditions météo étaient difficiles. J’ai eu tellement de moments magnifiques dans ma carrière qu’il serait difficile de les comparer mais oui, ça fait partie de mes meilleurs souvenirs.

Cette saison, tu as aussi terminé troisième du classement général de la Coupe du monde. Quel regard portes-tu sur cette saison ? As-tu rempli tous tes objectifs ?

Au niveau des résultats, ça a été la meilleure saison de ma carrière. J’ai rempli tous les objectifs de résultats que je m’étais fixés. Techniquement, j’ai aussi beaucoup progressé la saison dernière. Mais ce qui a été très important et que je souhaite conserver pour les années à venir est la régularité et la constance que j’ai pu avoir tout au long de la saison. Je fais de mon mieux pour pouvoir continuer dans cette voie !

Tu as participé à tes premiers Jeux Olympiques à Turin en 2006, terminant treizième. Quels souvenirs gardes-tu de ces JO où tu avais à l’époque seulement 17 ans ?

Je garde un très bon souvenir de l’ambiance le jour de la course et dans le village olympique, ainsi que de la cérémonie d’ouverture. Mais niveau snowboard, je rate la finale pour une place. J’aurais voulu faire mieux, surtout que toute ma famille s’était déplacée !

Lors des Jeux Olympiques de Vancouver en 2010, tu as pris la cinquième place. Avec le recul, cette place est-elle une grande satisfaction ou bien te laisse-t-elle plutôt des regrets d’avoir été proche de la médaille olympique ?

Je n’ai pas de regrets car j’ai fait le maximum. Le jour des JO, j’étais à mon meilleur niveau. Je n’étais pas capable de faire vraiment mieux techniquement à cette période-là. Cette cinquième place est donc une grande satisfaction pour moi et je la considère comme étant le meilleur résultat de ma carrière.

Quelle est finalement la position la plus agréable : venir à des Jeux Olympiques jeune et n’avoir rien à perdre comme à Turin ou bien arriver avec plus d’expérience et des possibilités de médaille comme à Vancouver ?

J’ai plus profité de mes deuxièmes JO à Vancouver. L’ambiance était différente : le village olympique était au cœur de la ville, on sentait l’engouement du public canadien et on avait vraiment l’impression de participer à quelque chose d’extraordinaire ! A Turin, c’était différent car nous, les snowboardeurs, étions dans le village olympique de Bardonnecchia, très loin de Turin. Nous n’avons donc pas trop ressenti ni profité de toute l’agitation olympique. Mais au niveau du stress, je pense que les deux se valaient. J’étais juste plus mature à Vancouver pour gérer tout ça !

Les structures en France pour s’entraîner en half-pipe à haut-niveau sont-elles suffisantes ? Comment t’entraînes-tu de façon générale ?

Il n’existe pas de half-pipe d’assez bonne qualité pour pouvoir s’entraîner à haut niveau en France. Ou alors c’est temporaire, comme à Tignes lors des X Games Europe. Je suis donc très souvent obligée de partir m’entraîner à l’étranger. L’été, je m’entraine un mois en Nouvelle-Zélande. L’automne, je suis à Saas Fee (en Suisse). Et à partir du mois de décembre, je me déplace en fonction des compétitions. C’est un mal pour un bien ! J’aimerais vraiment pouvoir m’entraîner en France pour économiser du temps, de l’argent, de l’énergie et aussi pour passer plus de temps avec mes proches. Mais c’est vrai que je fais du coup des voyages supers !

L’année prochaine auront lieu les Jeux Olympiques de Sotchi. Comment va se décider la qualification ?

Je ne connais pas les critères de sélection en détail, mais cela se fera après la Coupe du monde de Stoneham en janvier. Les résultats des saisons 2012/2013 et 2013/2014 seront pris en compte. Avec mes résultats de l’année dernière, j’ai donc de très bonnes chances d’être sélectionnée.

Quels seront tes objectifs lors de ces Jeux Olympiques de Sotchi ? Et tes objectifs pour la nouvelle saison en général ?

Je m’entraîne avec l’objectif d’être capable de faire une médaille aux Jeux de Sotchi. Ce serait vraiment un rêve d’y arriver ! Mais pour l’instant, je me concentre sur ma progression technique jour après jour et puis on verra ! Même si les JO vont être le gros rendez-vous de cette prochaine saison, je n’oublie pas non plus le reste et j’aimerais aussi faire des podiums sur les Coupes du monde. En fait, mon objectif principal est de progresser et de continuer à me faire plaisir !

Merci beaucoup Sophie d’avoir pris le temps de répondre à ces questions !

La carrière de Sophie Rodriguez en quelques lignes

Sophie Rodriguez commence sa carrière à la fois en half-pipe et en snowboardcross, remportant plusieurs titres de championne du monde Junior (half-pipe en 2004, 2005 et 2007, snowboardcross en 2005). Elle se spécialise ensuite dans le half-pipe et participe à ses premiers Jeux Olympiques en 2006 à Turin. Elle a alors 17 ans et termine 13e.

En 2010, elle prend la cinquième place des Jeux Olympiques de Vancouver. Cette même année, elle est troisième des X Games Europe de Tignes.

En janvier 2013, Sophie Rodriguez obtient la médaille de bronze des Championnats du monde. En mars, elle remporte l’épreuve de Coupe du monde du Sierra Nevada. Elle termine la saison 3e du classement général de la Coupe du monde de half-pipe. Agée de 25 ans, elle vise désormais les Jeux Olympiques de Sotchi qui auront lieu en février prochain.

Pour en savoir plus sur Sophie, visitez son site : sophie-rodriguez.com

Les sponsors de Sophie sont : la SNCF, la Ville de Grenoble, C’PRO, Oakley, SP2E. Ses partenaires techniques sont : Salomon, X Socks, Pull In, Athletic Center, Ski Clean.