Interview de Marielle Berger Sabbatel
(skicross)

Quatrième des Jeux Olympiques de Milan-Cortina en skicross en février dernier, Marielle Berger Sabbatel a depuis mis un terme à sa carrière. Forte de trois participations aux Jeux Olympiques et de trois victoires en Coupe du monde, elle revient pour nous sur son parcours.

Marielle, tu as terminé quatrième des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026 en skicross. Peux-tu nous raconter dans quel état d’esprit tu as abordé cette finale ?

Je me suis dit que c’était une finale Olympique, que rien n’était jouĂ© dans un sens comme dans un autre, et que c’était le moment de saisir ma chance. Je savais que ça allait ĂŞtre difficile car j’allais affronter les trois meilleures mondiales. J’étais consciente de ne pas avoir la meilleure porte de dĂ©part, mais je devais donner mon maximum. Il fallait en profiter car ce serait terminĂ© quelques minutes plus tard !

Avec quelques mois de recul, quel est le sentiment qui domine : la dĂ©ception d’être passĂ©e tout près du podium, ou bien la satisfaction d’avoir rĂ©ussi une belle compĂ©tition ?

Aujourd’hui, il y a encore un peu de déception et de frustration. J’aurais clairement aimé que la journée se termine différemment. C’était une course où il était difficile de doubler. Mais il y a aussi de la fierté pour le parcours accompli au cours de ma carrière, d’être arrivée en finale Olympique et d’y avoir donné le maximum.

« J’aurais clairement aimé que la journée se termine différemment »

Tu as dĂ» dĂ©clarer forfait pour les Jeux Olympiques de PĂ©kin 2022 Ă  cause d’une rupture des ligaments croisĂ©s un mois avant les Jeux. On imagine que cela a Ă©tĂ© très difficile Ă  vivre ?

C’est sĂ»r que ça a Ă©tĂ© très dur Ă  vivre. J’étais en pleine forme et tout allait bien. Mais je me suis fait accrocher par une adversaire lors d’une Coupe du monde fin dĂ©cembre, juste avant les Jeux. Malheureusement, il n’y a pas eu que les ligaments croisĂ©s : tout a Ă©tĂ© cassĂ© dans mon genou. Revenir et me remettre en forme a pris beaucoup de temps.

As-tu un moment pensĂ© Ă  arrĂŞter ta carrière lors de cette blessure ?

Oui, j’ai pensé à mettre un terme à ma carrière à ce moment-là. Avant ma blessure, je m’étais déjà posé la question de le faire en fin de saison. Le fait de m’être faite couper l’herbe sous le pied et de ne pas avoir pu terminer la saison m’a amenée à me demander si ça valait le coup de continuer, si j’en avais envie et si j’en avais les capacités. Je me suis laissée le temps de décider. J’ai commencé la rééducation et pris le temps de me reposer. J’ai attendu quelques mois avant de me rendre compte que j’avais envie de continuer, de relever ce défi et de voir si j’allais réussir à revenir au plus haut niveau.

Tu as participé aux Jeux Olympiques de Sotchi 2014, Pyeongchang 2018 et Milan-Cortina 2026. Quelle est l’édition qui t’a le plus marquée ?

Les JO 2014 resteront sûrement l’édition la plus marquante avec le triplé historique des garçons en skicross. Ces JO restent très ancrés dans ma mémoire. Mais je retiens aussi les derniers JO, en Italie, avec cette finale et le fait qu’il y avait plus de personnes de ma famille. D’autant plus que je savais dès le départ qu’il s’agissait de mes derniers JO.

« C’était difficile de rêver mieux pour terminer ma carrière ! »

Tu comptes trois victoires et trente-sept podiums en Coupe du monde. Quelle a Ă©tĂ© la course qui t’a le plus marquĂ©e ?

L’une des courses les plus marquantes a Ă©tĂ© en dĂ©cembre 2025, quand j’ai gagnĂ© une Coupe du monde en passant de la quatrième place Ă  la première en un seul virage. L’émotion a Ă©tĂ© assez exceptionnelle. C’est allĂ© très vite dans ma tĂŞte. Et la rĂ©action des gens Ă  l’arrivĂ©e a Ă©tĂ© incroyable !

Tu as fini deuxième de la dernière course de Coupe du monde de ta carrière en mars dernier. On imagine que terminer sur un podium  t’a procurĂ© beaucoup d’émotions ?

Cette finale Ă©tait le « revival Â» de la finale Olympique, avec les quatre meilleures de l’hiver. Au dĂ©part, je me suis dit que c’était le dernier de ma vie. Il s’est alors passĂ© beaucoup de choses dans ma tĂŞte. Pouvoir jouer la victoire jusqu’au bout Ă©tait assez incroyable et terminer sur un podium m’a procurĂ© Ă©normĂ©ment d’émotions. C’est une course qui restera gravĂ©e. C’était difficile de rĂŞver mieux pour terminer ma carrière !

As-tu prĂ©parĂ© ta reconversion et as-tu des idĂ©es ?

J’ai passĂ© mon monitorat de ski et j’ai aussi obtenu mon Master de l’Ecole de management de Grenoble. L’idĂ©e est d’abord de me laisser un peu de temps pour respirer, pour couper et pour faire des choses diffĂ©rentes de ce que j’avais l’occasion de faire ces dernières annĂ©es. Par exemple, passer du temps en famille. On verra dans quelques mois pour la vraie reconversion !

Merci beaucoup Marielle pour cette interview et bravo pour ta carrière !

La carrière de Marielle Berger Sabbatel en quelques lignes :

Spécialiste de skicross, Marielle Berger Sabbatel dispute sa première épreuve de Coupe du monde en 2011 et monte sur son premier podium en février 2013 à Grasgehren (Allemagne). Elle est éliminée en 8e de finale des Jeux Olympiques de Sotchi 2014 et en quarts de finale des Jeux Olympiques de Pyeongchang 2018.

En décembre 2019, elle remporte sa première victoire en Coupe du monde, à Innichen (Italie). Elle doit déclarer forfait pour les Jeux Olympiques de Pékin 2022 à cause d’une blessure au genou. Elle remporte les Coupes du monde de Craigleith (Canada) en mars 2023 et d’Innichen (Italie) en décembre 2025.

Lors des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026, elle atteint la finale mais se classe 4e de l’épreuve. Quelques semaines plus tard, elle met un terme à sa carrière, à l’âge de 36 ans. Marielle Berger Sabbatel compte 3 victoires et 37 podiums de Coupe du monde à son palmarès.

drapeau olympique Participations aux Jeux Olympiques de Sotchi 2014, Pyeongchang 2018 et Milan-Cortina 2026

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